Gibraltar: Le roi d'Espagne croit à une solution par le dialogue avec le Royaume-Uni

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ROI FELIPE VI ESPAGNE
Gibraltar: Le roi d'Espagne croit à une solution par le dialogue avec le Royaume-Uni | Capture d'écran
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DIPLOMATIE - Le roi Felipe VI d'Espagne a relancé, mercredi 12 juillet, la question épineuse du sort de Gibraltar, ce territoire britannique situé au sud de la péninsule espagnole.

Dans un discours prononcé devant le parlement britannique, le souverain espagnol, de manière très diplomatique, s'est dit convaincu que le "dialogue" et "l'effort" entrepris par les deux gouvernements permettront de trouver des solutions "mutuellement acceptables" dans le contentieux sur Gibraltar, rapporte l'agence de presse espagnole EFE.

Felipe VI, qui s'exprimait, pour la première fois, devant le parlement britannique, 31 ans après son père Juan Carlos, s'est dit "sûr que cette détermination à surmonter les différences sera redoublée dans le cas de Gibraltar".

"Personne n'a quitté la salle"

Avant son allocution, les médias britanniques et espagnols se demandaient si la question de la souveraineté sur Gibraltar serait mentionnée par le roi. "Cette question a, bien sûr, suscité un grand intérêt parmi les parlementaires britanniques", relèvent nos confrères du HuffPost Espagne.

Le député conservateur Andrew Rosindell avait même averti que "toute tentative de rouvrir le débat sur la souveraineté du 'Rocher' provoquerait une réaction chez les parlementaires patriotes. Il ne serait pas surprenant que certains se lèvent et quittent la salle pendant le discours", avait-il indiqué.

"Mais personne ne s'est levé, personne n'a quitté la salle, au contraire: tous sont restés dans leurs sièges et ont maintenu un silence respectueux lorsque le mot 'Gibraltar' est sorti de la bouche du roi. A la fin, son discours a été applaudi avec beaucoup d'enthousiasme pendant près d'une minute", note le HuffPost espagnol.

"Anachronisme colonial"

En septembre dernier, lors d'un discours aux Nations unies, le roi Felipe VI avait déclaré que le Royaume-Uni devrait "mettre fin à l'anachronisme colonial de Gibraltar". Après avoir fait référence à la décision de la Grande-Bretagne de quitter l'Union européenne, le roi avait appelé à un transfert négocié de l'enclave, territoire britannique depuis 1713.

"J'invite le Royaume-Uni, à l'occasion de cette première allocution à l'ONU après le Brexit, à mettre fin à l'anachronisme colonial de Gibraltar au moyen d’une solution négociée entre nos deux pays qui rétablisse l’intégrité territoriale de l’Espagne et bénéficie à la population de la colonie et au Campo de Gibraltar", avait-il déclaré, suscitant un tollé dans les rangs britanniques.

La question de Sebta et Melilla

Depuis la signature de l'accord sur le Brexit, plusieurs médias britanniques, notamment anti-UE, ont mêlé le Maroc au conflit territorial entre l'Espagne et le Royaume-Uni, dénonçant "l'hypocrisie espagnole" vis-à-vis de Gibraltar, alors que l'Espagne contrôle toujours deux frontières terrestres de l'Europe au Maroc: Sebta et Melilla.

"Si Madrid estime que le refus des habitants de Sebta et Melilla de céder l'autorité à Rabat est suffisant pour garder le contrôle (des deux enclaves), le royaume refuse d'accepter cette même situation à Gibraltar", écrivait ainsi le tabloïd The Sun en avril dernier. En effet, le référendum de 2002 appelant à un retour du "Rocher" à une gouvernance espagnole a été rejeté à 99% des voix.

Selon le journal britannique The Telegraph, dans les années 80, le roi Juan Carlos aurait même déclaré aux autorités britanniques: "Si l'Espagne récupère Gibraltar, le roi Hassan II demandera immédiatement le retour de Sebta et Melilla à l'autorité de Rabat".

Le roi Felipe VI bientôt au Maroc?

Les médias espagnols sont nombreux à évoquer depuis le mois de juin une visite prochaine du roi Felipe VI au Maroc, qui pourrait avoir lieu après son déplacement au Royaume-Uni.

Reste à savoir si le souverain espagnol se rendra aussi à Sebta et Melilla, comme l'espèrent les présidents des deux enclaves. Ces derniers ont ainsi envoyé, à plusieurs reprises, au monarque espagnol des invitations restées lettres mortes, rapportait, en avril dernier, le site d'information Elpueblodeceuta.es.

Un déplacement auquel ne se risquera peut-être pas le roi Felipe VI, tant la visite en novembre 2007 de son père dans les deux enclaves espagnoles avait déplu au Maroc.

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