Les femmes de deux jihadistes marocains rapatriées en Espagne

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Des policiers espagnols arrêtent une femme soupçonnée de liens avec Daech, à Melilla, en décembre 2014. | Jesus Blasco De Avellaneda / Reuters
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TERRORISME - Les femmes de deux jihadistes marocains ont été rapatriées de Turquie en Espagne, a annoncé mardi 11 juillet le ministère espagnol de l'Intérieur dans un communiqué. "Les autorités turques ont remis à la Guardia civil les deux Espagnoles qui avaient rejoint Daech et étaient détenues en Turquie depuis décembre 2016", indique le ministère.

Les deux femmes, qui faisaient l'objet d'un mandat d'arrêt international émis par la police espagnole, sont restées plus de deux ans sur le territoire contrôlé par Daech en Syrie. Mariées à des jihadistes marocains, qui seraient morts fin 2015, les deux femmes ont vécu "volontairement" dans un contexte "d'une extrême brutalité", indique le ministère de l'Intérieur.

Selon les autorités espagnoles, ces femmes représentent "une menace potentielle à la sécurité nationale" en raison de leur niveau d'extrémisme religieux et d'endoctrinement. Leurs liens avec des membres très actifs de Daech pourraient également en faire des éléments "facilitateurs" pour l'organisation terroriste en Espagne.

En mars 2014, l'une des deux femmes, A. A. L., a quitté l'Espagne pour rejoindre la Syrie, où elle a épousé le combattant marocain Mohamed Hamdouch, également connu sous le nom de "Kokito" ou "le décapiteur de Fnideq", en raison de sa ville d'origine et des photos où il apparaissait devant des têtes coupées en Syrie. Au cours de la cérémonie de mariage, le terroriste aurait donné à sa femme, comme dot, une ceinture d'explosifs. Le couple avait un fils.

En avril 2014, une autre femme, F. A. L., s'est rendue en Syrie pour rencontrer son mari, le jihadiste marocain Mourad Kadi. Fin 2015, les deux hommes auraient trouvé la mort sur les champs de bataille. Après ces événements, A. A. L. a épousé un autre jihadiste marocain, et la jeune fille serait à nouveau tombée enceinte, selon le communiqué du ministère de l'Intérieur.

L'enquête menée par les services de sécurité espagnols, en coopération avec la Turquie, mais également les services de renseignement américains et marocains, a permis de mettre la main sur les deux femmes qui tentaient en décembre dernier de rejoindre l'Europe via la Turquie.

Elles seront jugées en Espagne devant le tribunal central d'instruction n°1 de l'Audiencia nacional, la plus haute juridiction espagnole. Les enfants des deux femmes ont également été rapatriés en Espagne et seront remis à leur famille proche.

Depuis le 26 juin 2015, date à laquelle le ministère de l'Intérieur a porté à 4 le niveau d'alerte anti-terroriste, les forces de sécurité espagnoles ont arrêté 184 terroristes jihadistes dans des opérations menées en Espagne et à l'étranger, et 229 depuis le début de 2015.

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