À Casablanca, mobilisation pour la libération de Silya, la voix du Hirak

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SILYA
Ghita Ismaili/HuffPost Maroc
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HIRAK - "Le peuple veut la libération des détenus politiques, on est tous Silya Ziani". Sous un soleil de plomb, plusieurs dizaines de militants des droits de l'Homme se sont donnés rendez-vous ce mercredi, à midi, devant la Cour d'appel de Casablanca pour demander la libération de Silya et de tous les autres détenus politiques.

Cette jeune militante de 23 ans, connue pour être la voix du Hirak, le mouvement de protestation qui secoue depuis plusieurs mois déjà le Rif, avait été arrêtée le 5 juin dernier. Elle est depuis maintenue en détention dans la prison d'Oukacha et souffrirait aujourd'hui d'une grave dépression.

"Les années Oufkir"

"Nous sommes là aujourd'hui pour exprimer notre soutien à Silya et à tous les détenus politiques du Hirak et demander leur libération immédiate", indique au HuffPost Maroc la militante des droits de l’Homme Khadija Ryadi. "Nous condamnons aussi vivement ce qu'a subi Zefzafi comme humiliation et non respect de ses droits et l'atteinte à sa dignité. Cette situation nous rappelle les années Oufkir", poursuit l'ex-présidente de l’Association marocaine des droits humains (AMDH).

"Nous sommes là pour dire au Makhzen que le peuple marocain et les femmes marocaines sont avec le Hirak, et que les revendications du Rif sont celles de tout le peuple marocain. Elles concernent la démocratie, la dignité et les droits de l'homme dans tous les domaines. Nous continuerons de soutenir ces revendications jusqu'à ce que nous arrivions à une vraie démocratie", promet Khadija Ryadi.

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Sur les pancartes brandies par les militants, des messages comme "La liberté pour les détenus du Hirak", "Vive le peuple" ou encore "Vive le Rif" étaient inscrits. Des portraits de Silya et d'anciens détenus politiques ont également été brandis. "Nous sommes là pour affirmer notre soutien à ce qui se passe au Rif et pour dire non à la détention politique et arbitraire. Ces gens sont sortis avec des revendications sociales légitimes. Le Makhzen s'est entêté et a ordonné plusieurs arrestations politiques", déplore Mahjouba Karim, membre de l'AMDH.

"Puisque le gouvernement, le CNDH et autres institutions ont reconnu que ces revendications étaient légitimes et que les projets qui étaient programmées depuis longtemps n'ont pas encore été concrétisés, on ne comprend pas pourquoi ils les maintiennent en prison", poursuit-elle.

Pour cette militante, "toutes ces accusations sont préfabriquées, comme c'était le cas pour les jeunes du Mouvement du 20 février et beaucoup d'autres jeunes avant eux".

Demande de liberté provisoire

Le sit-in, convoqué par le Comité de soutien des détenus politiques et le mouvement "Des Marocaines contre la détention politique" a duré un peu plus d'une heure avant de se disperser.

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Du côté de la Cour d'appel de Casablanca, la patience était à son comble. "L'audience de Silya avec le juge d'instruction a commencé vers 12h30 et s'est terminée vers 16h00. Le juge doit entendre d'autres détenus avant de se prononcer sur la demande de liberté provisoire qu'on lui a formulée", indique au HuffPost Maroc, Me Rouggany.

L'audience, à laquelle l'avocate a assisté avec une trentaine d'autres confrères, "s'est bien passée", poursuit-elle. "Le juge a montré de la compréhension. Silya était sûre d'elle et calme", raconte l'avocate, précisant que la jeune détenue a semblé à un moment donné affectée, "lorsque le juge lui a parlé des conditions de son arrestation et de sa garde à vue...".

"Elle mérite sa libération provisoire. Nous avons fait avec d'autres confrères, notamment, Me Jamai et Me Massoudi, une demande dans ce sens. Nous nous sommes basés sur l'inexistence de preuves, sur sa situation familiale et sur son état de santé physique et psychologique et nous sommes optimistes".

Au total, 176 personnes sont en détention préventive selon le dernier bilan présenté par le gouvernement. Les dossiers de 56 d'entre eux sont en instruction, 48 sont poursuivis par la Cour d’appel de Casablanca et huit par la Cour d’appel d’Al Hoceima.

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