Une mission parlementaire belge à Al Hoceima pour "mieux comprendre" la crise

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VISITE PARLEMENTAIRES BELGES AL HOCEIMA
Une mission parlementaire belge à Al Hoceima pour comprendre la crise | Mission à Al Hoceima/Facebook
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POLITIQUE - Trois parlementaires belges se sont rendus à Al Hoceima du 6 au 10 juillet pour une mission visant à "mieux comprendre" la crise qui secoue la ville du Rif depuis bientôt neuf mois.

"Dans le contexte tendu dans lequel se trouve la région, nous avons pris la décision de nous rendre sur place", écrivent les trois parlementaires belge socialistes, Nadia El Yousfi, cheffe de délégation, sénatrice et députée bruxelloise à la Communauté française (qui s'occupe des citoyens francophones de Belgique), Catherine Moureaux, cheffe de groupe du Parti socialiste au parlement francophone bruxellois et députée à la Communauté française, et Amet Gjanaj, député bruxellois et conseiller communal.

Rencontres et visites au programme

"Beaucoup d’informations circulent, notamment par le biais des réseaux sociaux, et nous ressentions le besoin d’observer la réalité vécue par les citoyens d’Al Hoceima sur le terrain", ajoutent-ils dans une longue note explicative publiée sur une page Facebook créée pour l'occasion. "Nous voulions mieux comprendre les enjeux multiples qui expliquent la situation actuelle pour pouvoir en témoigner de manière exacte et constructive."

Les trois parlementaires ont ainsi rencontré plusieurs personnalités politiques et acteurs de la société civile, tels que Omar Lemallam et Oumghar Fikri, du Comité de suivi de la cause des détenus du Hirak populaire au Rif, Abdelmajid Azaryah, avocat des détenus, Mohammed Boudra, président de la ville d’Al Hoceima, mais aussi les responsables de l’Union socialiste des forces populaires (USFP) et du Parti Justice et Développement (PJD), ainsi qu'une association des femmes et de représentantes d’autorités locales, indique Amet Gjanaj au HuffPost Maroc.

La délégation a également visité l’hôpital Mohamed V de la ville et le service d’oncologie, ainsi que le chantier du futur hôpital provincial et la zone industrielle. "On a aussi rencontré des citoyens et parlé à des commerçants", souligne le député bruxellois.

"En tant que députés socialistes, nous sommes particulièrement intéressés par les revendications socio-économiques des citoyens marocains dans leur ensemble", expliquent les trois parlementaires. "Pour nous, répartir les services publics est primordial. Et un État se doit de garantir l’accès à l’éducation et à des soins de santé de qualité à tous."

Un rapport sera publié

Selon Amet Gjanaj, l'objectif de cette mission est aussi d'en faire un rapport, qui sera présenté sur les réseaux sociaux, à la presse, à la Communauté française, et à la communauté marocaine en Belgique, "car il y a une vraie inquiétude et même des déchirements dans certaines familles par rapport à la situation", souligne-t-il.

"En tant que mandataires bruxellois vivant aux côtés d’une importante communauté d’origine marocaine, nous sommes conscients des efforts fournis par le Maroc en vue de son développement et souhaitons que celui-ci puisse profiter à l’ensemble de la population", expliquent encore les parlementaires.

Les trois députés comptent ainsi "travailler sur des projets socio-économiques", notamment dans les secteurs de l'enseignement et la santé, en coopération avec la région du Rif. "Nous allons d'abord nous voir entre nous pour rassembler nos idées, puis on verra quels projets concrets nous mettrons en place", indique Amet Gjanaj.

Cette mission parlementaire a suscité des réactions mitigées sur les réseaux sociaux, certains internautes remerciant les trois députés pour leur soutien et leur "intérêt sociologique" envers les citoyens du Rif, d'autres rejetant au contraire cette "tutelle" étrangère ou y voyant "une intervention biaisée".

Renforcer la coopération

"Il n'est nullement ici question de se positionner en donneurs de leçons ou de juges. L'échange et le débat sur nos expériences ou expertises propres à chacun, ici et là-bas, ne peuvent qu'être enrichissants", estiment les députés qui y voient surtout une opportunité pour "réfléchir aux partenariats possibles tant avec la région du Rif que d'autres régions".

Cette mission parlementaire coïncide avec la venue, lundi après-midi à Bruxelles, du président de la Chambre des représentants Habib El Malki, qui s'est entretenu avec son homologue belge Siegfried Bracke. Les deux hommes ont notamment évoqué le renforcement de la coopération parlementaire entre les deux pays.

Le président de la chambre des représentants belge devrait aussi effectuer une visite au Maroc avant la fin de l'année pour concrétiser cette coopération.

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