Contre la pression de l'État et pour le droit de rassemblement, un réseau d'associations lance une pétition

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RABAT PROTEST
Stringer . / Reuters
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CAMPAGNE - Coup d’envoi. La première campagne nationale et internationale contre la violation du droit d’organisation et de rassemblement a démarré, hier, lundi 10 juillet, au siège de l’Association marocaine des droits humains (AMDH) à Rabat.
Initiée par le Réseau des associations victimes d’interdiction (RAVI), réunissant une vingtaine d’associations, cette campagne entame son premier acte: le lancement d’une pétition.

Un appel a été lancé aux organisations nationales pour la signer et plusieurs ont répondu présentes. "Nous avons reçu, hier, une vingtaine d’associations. Pour nous, c’est un démarrage satisfaisant d’autant que plusieurs autres nous ont promis de nous soutenir", déclare au HuffPost Maroc Mohamed Sadkou, le coordinateur du RAVI.

Soutien à la campagne

La CDT, l’UMT, le SNE, Annahj Addimocrati, la Coalition marocaine des associations des droits de l'homme, l'Observatoire marocain des libertés publiques, le Réseau amazigh pour la citoyenneté (Azetta Amazigh). Ce sont quelques-unes des organisations qui figurent sur la liste des premiers signataires de cette pétition.

Plusieurs militants des droits de l’Homme ont également marqué leur présence au lancement par la signature de cette pétition. Parmi les plus connus, citons, entre autres, l'historien Maati Mounjib, des militants des droits de l'homme Khadija Ryadi et Abdelhamid Amine, ou encore l’avocat Abderrahman Ben Amrou, président de l'Observatoire de la justice au Maroc.

"Nous avons recueilli sur place 26 signatures d’organisations nationales. Des personnalités, comme Abdellatif Laabi et Omar Balafrej, nous ont également témoigné leur soutien", affirme M. Sadkou. Et d’ajouter que d’autres organismes politiques, dont Al Adl wa Al Ihssan, ont promis de rejoindre l’initiative du RAVI.

À travers le site Avaaz, le grand public est aussi invité par le RAVI à signer la pétition. "Nous espérons que d’ici la fin de cette campagne, fin de cette année, pouvoir collecter 20.000 signatures. Cette pétition sera un point fort de notre plaidoyer qui, une fois prêt, sera adressé au chef du gouvernement", explique le coordinateur du RAVI.

À l’origine…

Le RAVI réagit ainsi à la pression dont il se dit être victime. "On nous interdit l’accès aux salles ou structures appartenant à l’État pour tenir nos activités. Et quand il s’agit d’espaces appartenant à des particuliers, eux aussi sont forcés à nous interdire l’accès", avait confié au HuffPost Maroc Mohamed Sadkou.

La campagne comprend, en plus de la pétition, l’organisation d’un procès symbolique sur l’interdiction, des sit-in et des journées d’étude.

Le RAVI compte énormément sur le soutien de comités de solidarité pour constituer une "force de pression sur l’État". Le RAVI a également prévu d’adresser une demande à l’envoyé spécial onusien en charge de la question pour effectuer une visite au Maroc.

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