Qui est Avi Gabbay, le nouveau leader d'origine marocaine du parti travailliste israélien?

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AVI GABBAY
Amir Cohen / Reuters
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INTERNATIONAL - Élu à la tête du principal parti de gauche israélien, le parti travailliste, Avi Gabbay a battu hier son concurrent Amir Peretz avec 52,4% des voix contre 47,6% pour l'ancien ministre de la Défense.

Si Amir Peretz s'est souvent exprimé sur ses origines marocaines, Avi Gabbay, également Israélien d'origine marocaine, est lui resté discret sur le sujet. Il faut dire que ce dernier était jusqu'en 2015 un inconnu total dans le paysage politique israélien.

Un OVNI politique

Le parcours d'Avi Gabbay est semé de tant de contradictions que le journal français Libération le qualifie d'"OVNI politique". Selon Le Monde, Avi Gabbay "reste un mystère" dans bien des domaines en comparaison avec son ancien rival Amir Peretz: "ministre de la Défense pendant la guerre du Liban en 2006, c’est (Amir Peretz, ndlr) un responsable politique roublard, expérimenté, avec un engagement constant en faveur d’une paix négociée avec les Palestiniens. Avi Gabbay, lui, reste un mystère."

Né de parents marocains "dans un camp de transit pour immigrés" comme le précise le journal israélien Haaretz, il est septième d'une fratrie de huit enfants. Après un parcours scolaire sans fautes, ce "self made man" arrive à se hisser au poste de PDG d'un des plus grands groupes de télécommunications du pays. Il se lance en politique en 2015 en co-fondant le parti Kulanu, de centre droit. Rien ne prédestinait alors Avi Gabbay à prendre la tête du principal parti de gauche israélien, rejoint il y a seulement six mois.

Un ancien ministre d'un gouvernement de droite à la tête d'un parti de gauche

Comme le note Haaretz, "il a servi comme ministre de l'Environnement après avoir siégé dans un gouvernement de droite".

En effet, c'est au sein d'une coalition dirigée par le Premier ministre Benyamin Netanyahou que ce dernier fait ses premiers pas gouvernementaux en 2015. Il est alors ministre de l'Environnement. Il quitte finalement ce poste un an après, avec l'arrivée d'Avigdor Lieberman, leader du parti ultra-nationaliste, au poste de ministre de la Défense. Il quitte également le parti qu'il a co-fondé pour rejoindre les travaillistes.

Une montée fulgurante dans le paysage politique qui vaut à ce dernier d'être comparé par la presse israélienne au président français Emmanuel Macron, selon Libération.

Un parti à la recherche de renouveau

Si plusieurs médias israéliens ont vu dans cette victoire une rupture avec l'image "ashkénaze (communauté juive issue de l'Europe, ndlr) élitiste" que traîne le parti travailliste depuis sa création, le New York Times, de son côté, cite un analyste politique, Mitchell Barak, pour qui "la population mizrahim (issue des pays arabes et du Moyen-Orient, ndlr) a tendance à voter pour des candidats ashkénazes (...). Il n'y a pas encore eu de Premier ministre séfarade (branche qui suit le judaïsme liturgique espagnol et portugais, ndlr) et je n'en vois pas un à l'horizon".

Le parti travailliste, en difficulté depuis déjà une dizaine d'années, est visiblement à la recherche d'un renouveau. Prochaine échéance électorale pour le fraîchement nommé leader du parti: les élections législatives de 2019.

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