Street art: Un artiste et un photographe français vont écrire un conte mural dans tout le Maroc

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CULTURE - L'art urbain n'a pas fini de métamorphoser nos murs. Alors que les festivals de street art se multiplient dans les grandes villes du royaume depuis quelques années, un artiste et un photographe français installés au Maroc se sont lancés dans une aventure originale: écrire un conte mural dans tout le pays. Et pas seulement dans les grands centres urbains.

Le projet, qui vient de commencer, devrait être bouclé d'ici un an et demi au plus tard. "C'est un long projet, on ne se met pas de pression, on veut faire ça bien", explique au HuffPost Maroc Yann Chatelin, artiste peintre et calligraphe urbain qui vit à Casablanca et travaille en duo avec le photographe Raymond Paul Julien, également écrivain et éditeur, basé à Essaouira.

Pour l'instant, trois fresques ont déjà été réalisées, deux à Essaouira, où débute l'histoire, et une à Imlil, village situé dans la région de Marrakech, au pied du mont Toubkal.

fresque essaouira

Une des fresques de Yann Chatelin à Essaouira © Raymond Paul Julien

"Nous allons aller dans plusieurs villes du Maroc, et pas forcément les plus connues. Nous souhaitons, en effet, réaliser des fresques dans la campagne et dans la montagne", précise le street artiste. "On passera par Casablanca, dans l'Atlas, à Zaouiat Ahansal, au nord de la vallée des Aït Bouguemez, à Dakhla, dans des villages autour d'Essaouira, à Tan Tan, et sûrement dans le Rif", explique-t-il. "On a aussi envie d'en faire un voyage personnel".

Le conte, baptisé "Le savoir du vent", raconte l'histoire d'une enfant de la rue qui se crée un univers personnel avec les quatre éléments. "Elle personnifie le vent, le soleil, et en fait ses amis", explique Yann Chatelin. Elle rencontrera beaucoup de gens autour d'elle, des musiciens, un haj, écrivain philosophe issu de la bourgeoisie marocaine... Tous essaieront de lui faire comprendre que le savoir se trouve essentiellement dans les livres et l'éducation.

"Mais elle va leur ouvrir les yeux en leur montrant que l'on peut aussi se construire en jouant avec les éléments, en les prenant davantage en compte", précise l'artiste. "Il ne suffit pas juste de sentir le vent sur soi, mais d'y accorder beaucoup plus d'importance que ce qu'on a l'habitude de faire".

fresque imlil

Une fresque de Yann Chatelin à Imlil © Raymond Paul Julien

Les deux artistes esquisseront ainsi une "balade socio-poétique". "Le conte va se construire au fur et à mesure de l'écriture, et on verra quelles villes seront les plus adaptées pour l'écrire sur les murs", indique Yann Chatelin. "Nous en sommes environ à la moitié de l'écriture, mais on ne s'interdit pas de revenir sur des choses qu'on a déjà écrites. Le conte va se façonner petit à petit".

Le graffeur avait depuis longtemps l'idée de réaliser un conte mural, mais "ne se sentait pas de le faire tout seul", nous confie-t-il. Les deux artistes, qui avaient déjà travaillé ensemble, sont devenus amis et se sont ainsi lancés dans ce grand projet.

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