Réforme du code pénal, bracelets électroniques, désengorgement des prisons: Le ministre de la Justice promet du changement

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GHAZI JERIBI
FETHI BELAID/AFP/Getty Images
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"Nous ne sommes pas satisfaits des conditions des prisons et des prisonniers" a estimé le ministre de la Justice Ghazi Jeribi, dans une déclaration accordée lundi, à Shems Fm en marge de sa participation à l’atelier sur les expériences du modèle d'appui des institutions judiciaires et pénitentiaires à Djerba.

Face à des prisons surpeuplées et insalubres où la capacité carcérale dépasse parfois les 200%, le ministre a annoncé la mise en place d'une batterie de réformes afin d'améliorer la situation. Il a noté que la procédure de pénalisation va être repensée à travers la révision du code pénal, et ce à travers l'intention de limiter la période d’arrestation et la création d'alternatives de pénalisation autres que les peines privatives de libertés.

Le ministre a évoqué l'usage de bracelet de surveillance électronique en Tunisie afin de réduire le surpopulation dans les prisons. Il a précisé que cette mesure est en cours d'expérimentation en ajoutant qu'elle concerne certaines peines relatives à des crimes dont les auteurs ne représentent pas un danger pour les citoyens.

Il a insisté, par ailleurs, sur l'importance d'améliorer l'infrastructure des prisons, réviser les lois et accélérer les délais de la délivrance des jugements.

Jeribi a, d'autre part, souligné la nécessité de rétablir la confiance des citoyens en leur système judiciaire. Il a noté que des changements seront également apportés à certains textes de loi qui sont directement liés aux droits du plaideur.

En janvier dernier, le ministre de la Justice a livré quelques chiffres accablants reflétant la situation “catastrophique” des prisons tunisiennes. Il a révélé que l'encombrement dans les prisons tunisiennes a atteint des taux alarmants où la population carcérale a fortement dépassé la capacité d'accueil de certaines prisons.

Selon un rapport publié par le Centre international d'études pénitentiaires (CIEP), la Tunisie est le deuxième pays du Maghreb qui emprisonne le plus, après le Maroc, en terme de ratio sur la population. Avec 23.686 détenus sur une population estimée à 11,15 millions d'habitants, 0,21% de la population tunisienne se trouve en prison, dévoile le rapport.

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