La reprise de Mossoul à l'EI n'est plus qu'une question d'heures

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IRAK
Direct at the frontline, 200 m far from the Al-Nuri-mosque, where Abu Bakr al-Baghdadi calles the so called Caliphate, fighters of the Federal Police are taking a selfie, in Mosul, Iraq, on April 2, 2017. (Photo by Sebastian Backhaus/NurPhoto via Getty Images) | NurPhoto via Getty Images
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Lancée le 17 octobre, la reconquête de Mossoul n'est plus qu'une question d'heures selon un général américain, et des policiers ont même commencé à célébrer ce qui va être la plus grande victoire des forces irakiennes contre les terroristes du groupe Etat islamique (EI).

L'annonce par les autorités irakiennes de la reprise totale de la ville est "imminente", a déclaré par téléphone à l'AFP, samedi, le général Robert Sofge, depuis Bagdad: "Je ne veux pas spéculer (...), mais je pense que ce sera très bientôt", a insisté le gradé américain, à la tête du centre des opérations conjointes de la coalition antiterroristes menée par Washington.

"Ces deux derniers jours, nous sommes arrêtés à 100/50 mètres du Tigre. La fin de la bataille est proche, je dirais deux jours", avait de son côté expliqué à l'AFP à Mossoul le lieutenant-général Abdel Ghani al-Assadi, un commandant des troupes d'élite du contre-terrorisme (CTS).

Près de neuf mois après le début de l'opération pour reprendre la deuxième ville d'Irak, dont l'EI s'était emparé en 2014, les derniers terroristes sont assiégés dans deux pâtés de maisons au coeur de la vieille ville, près du Tigre. Et les derniers terroristes, "désepérés, (...) font autant de ravages qu'ils le peuvent", explique le général Sofge.

"L'ennemi a semé des engins piégés partout, à chaque endroit, dans chaque placard, dans un cas, sous un couffin même", poursuivait le gradé américain.

Certains se font passer pour morts, vêtus de gilets explosifs, qu'ils mettent à feu à l'approche des forces irakiennes de sécurité. Des femmes combattantes se sont elles faites sauter au milieu de civils déplacés.

D'après le lieutenant-général Assadi, la progression est rendue lente et difficile par la présence des nombreux kamikazes de l'EI, mais aussi par les bombes dans les maisons. Complication supplémentaire: l'armée ne peut utiliser les bombardements en raison de la présence de milliers de civils.

Affamés et choqués

Samedi, les combats le long du Tigre semblaient moins intenses que les jours précédents, selon un journaliste de l'AFP qui a régulièrement entendu des rafales d'armes automatiques, des tirs de mortiers et d'artillerie légère, ainsi qu'au moins deux bombardements aériens.

Selon Abdel Ghani al-Assadi, ses troupes ont tué des combattants de l'EI qui tentaient de fuir en traversant le Tigre.

D'autres terroristes cherchent eux à se fondre dans le flot des réfugiés civils, après avoir rasé leurs barbes et changé de vêtements, selon le général Sofge.

Des civils libérés par l'avancée des forces irakiennes continuaient d'arriver samedi dans les quartiers périphériques pour y être accueillis, nourris et éventuellement soignés avant d'être dirigés vers des camps.

Une équipe de l'AFP a ainsi pu voir samedi un groupe d'une soixantaine de femmes et enfants, les hommes étant restés au poste de contrôle pour des vérifications.

Affamés et choqués, beaucoup de ces civils étaient en pleurs et disaient avoir perdu des proches dans les combats, les bombardements aériens de la coalition internationale qui soutient les forces irakiennes, les tirs de mortiers et les snipers terroristes.

Sur le plan humanitaire, l'offensive à Mossoul a eu des répercussions majeures. Sur les 915.000 personnes ayant fui la ville, environ 700.000 sont toujours déplacées, selon Lise Grande, la coordinatrice humanitaire de l'ONU pour l'Irak.

V de la victoire

Pendant que les CTS continuaient le combat dans une zone d'environ 100 m de profondeur sur 300 m de largeur, le long du Tigre, des membres de la police fédérale commençaient déjà à exprimer leur joie à Mossoul, la fin de leur mission leur ayant été signifiée.

V de la victoire, selfies avec un drapeau de l'EI à l'envers: "Ils méritent de célébrer cela et peuvent ressentir toute la fierté et le sens du travail accompli", a témoigné le général Sofge, offrant ses "félicitations à l'avance pour cette grande bataille".

"Il faut revenir à la Seconde guerre mondiale pour trouver (une bataille) qui se rapproche seulement" de celle de Mossoul, a-t-il jugé.

Cette ville avait une dimension très symbolique pour l'EI: c'est là que son chef, Abou Bakr al-Baghdadi, avait fait en juillet 2014 son unique apparition publique après avoir proclamé un "califat" sur les vastes territoires conquis par le groupe jihadiste en Irak et en Syrie.

La fin des combats à Mossoul ne marquera cependant pas la disparition de l'EI, qui contrôle encore des secteurs en Irak et des territoires dans l'est et le centre de la Syrie, où son fief Raqa est assiégé par des forces soutenues par Washington.

Le groupe ultraradical conserve en outre des capacités de mener régulièrement des attentats à la bombe meurtriers dans des secteurs sous contrôle du gouvernement.

L'EI a encore "largement de quoi se battre", a estimé le général Sofge. "La libération de Mossoul va susciter une réaction" chez les terroristes.

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