Un pool de treize banques tunisiennes accorde à l'Etat un crédit regroupé de 250 millions d'euros

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Une convention, première du genre en Tunisie, a été signée, jeudi, entre le ministère des finances et 13 banques locales, en vue de la mobilisation de ressources financières en devises pour le financement du budget de l’Etat 2017.

Cette opération permettra de faire profiter l’Etat d’un crédit regroupé à hauteur de 250 millions d’euros, soit l’équivalent de 695,8 millions de dinars (MD), lequel sera remboursé sur une période de 3 ans.

Certaines de ces banques ont choisi que le remboursement (en devises) soit fait sur des tranches annuelles avec un taux d’intérêt de 2%, alors que d’autres ont préféré un remboursement sous forme d’une tranche unique (en bloc) avec un taux de l’ordre de 2,25%.

A cette occasion, le ministre des finances par intérim, Fadhel Abdelkefi, a exprimé sa satisfaction quant à l’engagement des banques tunisiennes à soutenir la finance publique de l’Etat.

Il a fait savoir qu’outre ce crédit regroupé, l’Etat fera recours également à la mobilisation de bons du trésor et aussi à l’endettement extérieur afin de boucler le financement du budget de l’Etat 2017, dont les besoins sont estimés à 8,5 milliards de dinars.

Abdelkefi a estimé, auparavant, que l’année 2018 sera une année difficile, et ce en raison de l’augmentation de la pression sur les finances publiques. Il a noté que la solution réside en la relance de croissance économique.

Le ministre a évoqué “l’existence de difficultés pour l’élaboration du budget pour l’exercice 2018 fixé à 36 milliards de dinars, soit une hausse d’environ 4 milliards de dinars par rapport au budget 2017".

Face à cette crise, le ministre a présenté deux solutions qui pourraient améliorer la situation économique du pays. La première solution, estime-t-il, consiste à retrouver un rythme de croissance supérieur à 3%. La deuxième solution, qui n’est pas soulevée actuellement, se basera sur l’adoption d’une politique d’austérité, a-t-il encore fait savoir.

Abdelkefi a souligné, par ailleurs, que son département se penche déjà sur la conception du budget de l’Etat 2018 et sur les modalités de son financement.

De son côté, le directeur général de la gestion des réserves et des marchés à la Banque Centrale de Tunisie (BCT), Béchir Trabelsi, a valorisé cette initiative, qui servira comme alternative au recours aux financements sur le marché international.

« C’est une façon de diversifier les ressources de financement du budget de l’Etat, mais surtout cela nous permet d’épargner des fonds supplémentaires en devises, étant donné que le coût global de l’opération sur le marché local est très compétitif et avantageux pour la trésorerie publique, en comparaison avec les opérations similaires effectuées sur le marché international, dont le taux d’intérêt exigé dépasse 4% voire 5% », a-t-il ajouté.

Le directeur général a ainsi expliqué que l'action précitée et mobilisée moyennant un taux d’intérêt de l’ordre de 2%, permettra d’épargner au moins 15,7 millions d’euros (43,7 MD) par an.

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