Premier face à face Trump-Poutine au sommet d'un G20 sous tension

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A combination of two photos shows U.S. President Donald Trump and Russian President Vladimir Putin as they arrive for the G20 leaders summit in Hamburg, Germany, July 7, 2017. REUTERS/Carlos Barria | Carlos Barria / Reuters
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Le président américain Donald Trump a rencontré pour la première fois vendredi le maître du Kremlin Vladimir Poutine, un face-à-face sous haute tension en marge d'un sommet du G20 déjà marqué par des affrontements entre police et manifestants.

Les deux hommes ont échangé une première poignée de main et quelques mots en fin de matinée, avant d'entamer une séance de travail à Hambourg en Allemagne avec les chefs d'Etat les plus puissants du monde. Ils ont entamé leur tout premier entretien vendredi, en marge du sommet du G20 de Hambourg en Allemagne, a constaté un journaliste de l'AFP.

"C'est un honneur d'être avec vous", a déclaré Donald Trump.

"Je suis ravi de vous rencontrer et j'espère que (...) cette rencontre se soldera par un résultat positif", a indiqué pour sa part Vladimir Poutine.

"Nous avons parlé au téléphone, mais les conversations téléphoniques ne sont jamais suffisantes", a-t-il souligné.

Les deux dirigeants se sont entretenus au téléphone à quatre reprises depuis l'arrivée de Donald Trump au pouvoir aux Etats-Unis, mais n'ont encore jamais eu de tête-à-tête.

Vendredi, en face de M. Poutine, le président américain a qualifié ces entretiens téléphoniques de "très, très bons". La veille, M. Trump a critiqué jeudi le "rôle déstabilisateur" selon lui de Moscou.

Cette rencontre électrique sera un des temps fort d'un sommet du G20 particulièrement tendu, entre les pays membres mais aussi dans les rues où des heurts ont éclaté entre opposants au G20 et la police.

Avant même l'ouverture du sommet, la police a fait état de 111 blessés légers parmi les forces de l'ordre lors des heurts de la nuit. Les protestataires parlent eux "de nombreux blessés" dans leurs rangs, "dont certains grièvement".

Voitures incendiées

Les manifestations ont repris vendredi vers 07H00 locales (05H00 GMT), avec pour objectif de bloquer l'accès des délégations à l'enceinte très sécurisée qui accueille le sommet: des voitures ont été incendiées, notamment des voitures de police, et les policiers ont dispersé au moins un cortège avec des canons à eau et du gaz lacrymogène.

Avec un certains succès: les arrivées de certaines délégations ont été perturbées.

La rencontre Trump Poutine sera scrutée de près, à l'affût du moindre signe de crispation ou, plus improbable, de complicité.

"Il sont tous les deux à l'aise dans l'intimidation et la diversion (...). Ce qui se passera alors entre eux va probablement définir leur relation future", anticipe Derek Chollet, expert au German Marshall Fund of the United States.

Poutine maître à bord ?

Le président américain, qui après avoir fait l'éloge de Vladimir Poutine a dû battre en retraite devant les soupçons de collusion entre son entourage et le Kremlin et une série de contentieux entre les deux pays, a certainement le plus à perdre.

Au plus bas dans les sondages aux Etats-Unis, il va devoir trouver le ton juste pour tenter de relancer la relation russo-américaine, plombée sous la présidence Obama, mais sans être taxé de faiblesse ou de complaisance envers le maître du Kremlin.

Le format de la rencontre, qui aura des allures de tête-à-tête, suscite d'ores et déjà beaucoup d'interrogations. Donald Trump ne sera en effet accompagné que de son secrétaire d'Etat, Rex Tillerson, et d'un interprète, a confirmé à l'AFP une source à la Maison Blanche.

"Les deux n'ont aucune expérience en politique étrangère. Ils devraient être accompagnés de +pros+ face à Poutine", relève Thomas Wright, expert à la Brookings Institution.

"Poutine aime les réunions en petit format. Cela veut dire que la Maison Blanche a laissé le Kremlin dicter les termes de la rencontre", s'inquiète l'ancien ambassadeur américain à Moscou, Michael McFaul, en déplorant l'absence de conseillers qui auraient pu tempérer l'imprévisibilité de Donald Trump.

Un des points débattus entre les deux dirigeants sera la guerre en Syrie, après les vives tensions qui ont suivi la destruction par les Américains d'un avion syrien qui menaçait, selon eux, leur allié kurde.

Les Etats-Unis sont "prêts à explorer la possibilité d'établir avec la Russie des mécanismes communs" de stabilisation de la Syrie, dont des zones d'exclusion aérienne et une "livraison coordonnée de l'aide humanitaire", a souligné Rex Tillerson.

Outre ce temps fort diplomatique, le G20 va débattre de sujets difficiles, comme le climat et le commerce.

Là encore, les Etats-Unis, qui ont déjà remis en cause les accords de Paris sur le climat, risquent d'apparaître seuls contre tous s'ils agitent le spectre protectionniste contre la Chine sur l'acier et contre l'Allemagne dans le secteur automobile.

Le vice-ministre chinois des Finances Zhu Guangyao, cité par l'agence Xinhua, a dit à plusieurs journalistes qu'il espérait parvenir à un consensus sur l'attachement au libre-échange, dont "différents pays bénéficient à des degrés divers".

Hypocrites et cyniques

Sur le climat, les discussions entre délégations ne seront "pas franchement faciles" non plus, a concédé la chancelière allemande Angela Merkel, se refusant à tout pronostic sur un possible compromis.

"Nous allons dire (à Donald Trump, ndlr) que nous pensons qu’il est fondamental qu’il assume un rôle moteur dans la lutte contre le changement climatique et pour la création d’emplois", a déclaré le Premier ministre canadien, Justin Trudeau, au quotidien allemand Bild, tandis que la Première ministre britannique Theresa May a déclaré à la BBC qu'elle croyait "possible" que les Etats-Unis rejoignent finalement l'accord de Paris.

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