Présentée à CFCA, l'initiative onusienne "Positive Impact" effectue sa première étape à Casablanca

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FINANCE VERTE - Pour faire en sorte que les 17 objectifs de développement durable (ODD) fixés par les Nations unies soient atteints d'ici 2030, 5 à 7 trillions dollars sont nécessaires. Les fonds publics apportés ou promis jusqu'ici sont toutefois insuffisants et la contribution de la finance privée n'est pas encore effective.

C'est pour y remédier que 19 institutions financières, représentant 6.600 milliards de dollars d'actifs, et membres de l'Initiative financière du Programme des Nations unies pour l'environnement (UNEP FI) ont lancé en début d'année une nouvelle approche pour attirer plus de financements: "Les Principes pour la finance à impact positif", un ensemble de lignes directrices inédites, visant à promouvoir l’impact positif des institutions financières sur l’économie, la société et l’environnement.

Les "principes" en question ont été détaillés jeudi 6 juillet, lors d'un séminaire organisé au siège de Casa Finance City Authority (CFCA) à Casablanca, en présence de plusieurs acteurs du secteur privé, mais aussi du public.

"La course contre la montre nécessite une mobilisation rapide pour rattraper le temps perdu et aller vers une nouvelle ère, celle du développement durable", a souligné d'emblée Mustapha Bakkoury, président du directoire de l'Agence marocaine de l’énergie solaire (MASEN) et de la région Casablanca-Settat.

"La question du financement est au coeur de la problématique des initiatives autour du climat. C'est l'un des points qui a été traité avec force lors de la COP21 et aussi lors de la COP22 à Marrakech", explique au HuffPost Maroc Salaheddine Mezouar, président de la COP22 également présent pour l'occasion.

Lenteur et complexité des démarches

"Le Maroc a été mandaté pour avancer sur des initiatives à même de simplifier la démarche et permettre l'accès avec moins de complications procédurales au financement lié au climat. En travaillant dessus, on a mobilisé beaucoup d'acteurs, beaucoup d'initiatives. Notre idée est de faire en sorte que d'ici la COP23, nous puissions présenter un scoop qui puisse permettre aux pays, comme aux entreprises, d'accéder avec moins de complications, et selon une procédure bien définie, aux financements. C'est une étape fondamentale pour accélérer la mise en oeuvre des projets", poursuit l'ancien ministre de l'Économie et des finances.

Selon Salaheddine Mezouar, de nombreux projets "souffrent aujourd'hui de la lenteur et de la complexité des démarches et des procédures".

La réunion tenue au siège de CFCA ambitionne dans ce sens de "contribuer à la structuration de ces procédures, mais aussi de faire en sorte que les banques comme les institutions se retrouvent autour de cette initiative, pour identifier les mesures d'impact positif et orienter les projets vers un impact économique, mais aussi social".

Pour le président de la COP22, il est "fondamental que l'on puisse arriver à faire sortir des perspectives encourageantes, motivantes et assurantes pour les États et les opérateurs économiques".

Outre Salaheddine Mezouar, Nizar Baraka, président du Conseil économique, social et environnemental (CESE), Karim Hajji, directeur général de la Bourse de Casablanca, El Hadi Chaibainou, directeur général du Groupement professionnel des banques du Maroc (GPBM), Fathia Bennis, PDG de Maroclear, et Saïd Ibrahimi, directeur Général de Casablanca Finance City Authority étaient également présents.

"État d'esprit positif"

"L'état d'esprit général est positif, tout le monde travaille de son côté pour structurer, trouver des solutions, satisfaire des demandes et même changer les paramètres d'évaluation, contrairement aux projets classiques. Aujourd'hui, il faut être innovant. La dimension risque doit être réévaluée, la question de l'assurance est également un aspect important", a encore estimé Salaheddine Mezouar.

L'initiative "Positive Impact" a été développée par un groupe constitué de banques et d’investisseurs membres de l’UNEP FI, dont BMCE Bank Of Africa , la Société Générale, la Caisse des dépôts et Standard Bank. Elle vise à promouvoir le financement privé en faveur du développement durable, "moyennant une approche holistique intégrant impacts économiques, sociaux et environnementaux à l’analyse financière".

Casablanca est la première étape de sa présentation sur le continent africain. Deux autres conférences sont prévues d'abord à Johannesburg, entre octobre et novembre, puis à Nairobi en décembre prochain.

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