Aussaresses a eu l'aval de Giscard d'Estaing pour faire assassiner Henri Curiel (Alain Gresh)

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Paul Aussarresses, l’assassin de Larbi M’Hidi, est le commanditaire du meurtre d’Henri Curiel. L’accusation lancée par Philippe Aghion la semaine dernière à Alger est partagée dans la famille. Alain Gresh, le fils d’Henri Curiel, souligne qu’Aussaresses ne peut avoir agi qu’avec l’aval du président Giscard d’Estaing.

De passage à Alger la semaine dernière, le professeur Philipe Aghion a fait sensation en évoquant l’implication du colonel Paul Aussaresses, l’assassin de Larbi Ben M’Hidi, dans le meurtre du grand militant anticolonialiste Henri Curiel, le 4 mai 1978, à Paris.

Une conviction largement partagée dans la famille Curiel, dont son fils, Alain Gresh met en cause également l’ancien président français Valéry Giscard d’Estaing.

En 1978, l’assassinat avait été revendiqué par un "groupe Delta" (qui fait clairement référence aux sinistres sicaires de l’OAS) mais tous les éléments d’une opération "omo" décidée au sein du pouvoir français ont été peu à peu réunis à travers les témoignages et des révélations.

En 2015, la publication du livre de Christian Rol, Le roman d'un fasciste français, consacré à au barbouze Rene Resciniti de Says (un ancien para membre du SAC – service d’action civique) confirme que la revendication au nom du Groupe Delta avait été "adressée à l'Agence France-Presse depuis la préfecture de police. Elle mentionnait un certain groupe "Delta". "Pour brouiller les pistes, bien sûr".

Autre lien avec l’Algérie, les experts de la police française ont établi que l’arme qui a servi à l’assassinat du porteur de valise -un pistolet de calibre 11,43- a été utilisée dans l’assassinat le 2 décembre 1977 Laïd Sabaï, gardien à l’Amicale des Algériens en Europe. C’est également un "commando Delta" qui avait accompli le forfait.

Interrogé par le HuffPost Algérie, le journaliste Alain Gresh, le fils d’Henri Curiel, se dit "persuadé que Aussaresses est impliqué dans l’assassinat". Il souligne également l’implication du pouvoir français dans ce meurtre. "Aussaresses n’aurait pu "agir à l’époque sans l’aval du président Valéry Giscard d’Estaing. C’est mon intime conviction",dit-il.

Alain Gresh rappelle à cet effet qu’Aussaresses avait-lui-même admis sa responsabilité dans l’entretien qu’il avait accordé à la journaliste française Emilie Raffoul pour son documentaire sur Curiel.

Il avait avoué devant caméra sa responsabilité avant de se dédire (il était avec son avocat Gilbert Collard, aujourd’hui député du Front National) et donc cet aveu n’a pu être diffusé sur les ondes".

La responsabilité directe des autorités françaises dans l’assassinat de Curiel est aussi l’intime conviction de Sylvie Braibant, la fille de Guy Braibant, cousin germain de Curiel. Elle l’a dit dans son blog sur le site du TV5 monde.


"Au sommet de l’Etat giscardien régnaient d’anciens militants de l’Algérie française qui n’avaient pas fait leur deuil de cette guerre-là", rappelle-t-elle.

"Le général Aussaresses regrettait lors de la sortie de ses mémoires en 2001 ne pas avoir fait tuer des porteurs de valise au temps de la guerre d'Algérie. Plus tard il admettra ne pas être étranger à l'assassinat de cet « Homme à part (titre du beau livre de Gilles Perrault) (ndlr Henri Curiel) qui empêchait tellement de torturer en paix les dirigeants sud-africains et sud-américains...."

La famille avait exigé en octobre 2015 la réouverture de l’enquête sur l’assassinat d’Henri Curiel. Une plainte avec constitution de partie civile avait été déposée alors auprès du doyen des juges d’instruction du Tribunal de grande instance de Paris par l’avocat des proches d’Henri Curiel, Me William Bourdon.

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