Migrants: convergence à Rome pour bloquer le flux au sud de la Libye

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German Interior Minister Thomas de Maiziere (L) and his Spanish counterpart Juan Ignacio Zoido (C) talk with European Commissioner for Migration, Home Affairs and Citizenship Dimitris Avramopoulos prior an informal meeting of justice and home affairs Ministers at the Tallinn Creative Hub in Tallinn, Estonia on July 6, 2017. / AFP PHOTO / Raigo Pajula (Photo credit should read RAIGO PAJULA/AFP/Getty Images) | RAIGO PAJULA via Getty Images
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Les ministres des Affaires étrangères de pays européens et de pays africains d'origine et de transit réunis jeudi à Rome ont évoqué des pistes pour bloquer le flux des migrants au sud de la Libye, bien avant la Méditerranée.

"Pour faire baisser le nombre de ceux qui arrivent chez nous, il faut faire baisser le nombre de ceux qui arrivent en Libye. Ne pas agir seulement au nord ou en mer, mais aussi à la frontière sud", a expliqué à la presse le ministre des Affaires étrangères, Angelino Alfano, à l'issue de la réunion.

"Si les contrôles des frontières dans les pays de transit sont efficaces, alors les +billets+ vendus par la plus grande agence de voyage criminelle de l'histoire perdront de leur valeur. Si les trafiquants n'arrivent plus à garantir l'arrivée effective en Europe, leur agence de voyage sera en faillite. Là est notre mission", a-t-il ajouté.

Cette réunion prévue de longue date, en présence de hauts responsables de l'ONU et de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), se voulait le versant diplomatique de la réunion des ministres européens de l'Intérieur sur le même sujet à Tallinn, alors que l'Italie, qui a vu encore 85.000 migrants débarquer cette année, s'emporte contre un manque de solidarité européenne.

Les ministres africains -- Libye, Niger, Tunisie, Egypte, Tchad, Ethiopie, Soudan -- et européens -- Allemagne, Autriche, Espagne, France, Pays-Bas, Malte, Estonie -- ont signé une déclaration commune "pour marier solidarité et sécurité, comme l'Italie a déjà réussi à le faire", a expliqué M. Alfano.

La déclaration commune préconise des investissements en faveur des jeunes et des femmes dans les pays d'origine, un soutien aux contrôles dans les pays de transit ou encore une amélioration de la politique des retours, volontaires ou non.

Les signataires se sont aussi engagés à aider le HCR et l'OIM à augmenter leur présence tout au long du parcours et à développer les campagnes de communication dans les pays d'origine sur les dangers du voyage.

Avec les pays au sud de la Libye, "notre approche doit demeurer incitative (via des aides et des investissements). Nous ferons aussi preuve lorsque c'est nécessaire d'une grande fermeté, notamment en rappelant le lien entre les politiques de visa et les politiques de retour", avait déclaré en début de matinée le ministre français, Jean-Yves Le Drian.

Selon M. Alfano, l'Italie a débloqué 10 millions d'euros pour aider la Libye à contrôler ses frontières avec le Niger, le Tchad et le Soudan, 18 millions pour aider l'OIM à organiser en Libye les retours volontaires des migrants vers leur pays d'origine et 3 millions pour les opérations de lutte contre le trafic d'êtres humains.

L'Estonie, les Pays-Bas, l'Allemagne et l'Autriche ont aussi annoncé des efforts financiers, a assuré M. Alfano sans plus de précisions. Et les participants ont prévu de se retrouver en janvier 2018 à Rome pour faire le point sur les actions menées.

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