TakaFull, le projet solidaire basé sur le Crowdfunding pour soutenir les jeunes entrepreneurs marocains

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INNOVATION - Conscients du manque de financement des jeunes entrepreneurs marocains, Omar Tolai et Mohammed Yassine Kamel, deux jeunes étudiants en finance ont développé TakaFull, une application innovante et solidaire qui, grâce au crowdfunding, finance des projets en permettant aux forfaits téléphoniques inutilisés d'être convertis en valeur. Un projet 2.0 qui devrait voir le jour début 2018.

Tous deux étudiants en dernière année de Master en Finance de la faculté Mohamed V Souissi, à Rabat, Omar et Yassine, ont monté un projet ambitieux alliant nouvelles technologies et financement participatif pour accompagner les jeunes porteurs d'idées et faire naître de nouveaux projets. Un moyen pour eux de combattre le chômage et encourager l'entrepreneuriat, en tirant profit du poids important d'utilisateurs de mobile au Maroc. Le HuffPost Maroc est allé à leur rencontre pour en savoir plus:

Comment ca marche?

TakaFull est une application mobile qui ambitionne de rapprocher de jeunes entrepreneurs en mal de financements, et des contributeurs qui feraient don des quelques unités restantes sur le solde de leurs téléphones mobiles au profit d'un projet qu'ils souhaitent encourager. L'idée est de convertir les unités téléphoniques non utilisées en argent profitable aux jeunes porteurs de projets. Le contributeur finance ainsi par le biais de SMS convertis en valeur le ou les projets qu'il aura sélectionné. Pour ce service de messagerie SMS d'une valeur unitaire de 15 DH, la moitié bénéficiera directement au porteur de projet, 8,33% de la somme servira au financent de l'application TakaFull, le reste représentant la marge des opérateurs et fournisseurs de services.

Le HuffPost Maroc : Comment est né TakaFull?

Yassine: Au début, Omar aspirait à trouver une idée innovante qui trouverait ses origines dans notre domaine de formation, la Finance, tout en donnant un coup de pouce aux étudiants en vue de les aider à gagner leur vie loin du processus classique du salariat. Il m’avait parlé de plusieurs solutions qui pouvaient répondre à ce besoin. Au fil des semaines, j’ai pris ce projet à coeur et j’ai commencé à chercher avec lui des solutions créatives. Des événements, dont des conférences sur les types de financement et le crowdfunding, nous ont également beaucoup inspirés. Sans oublier que nous étions des membres de ENACTUS, une ONG d’entrepreneuriat social, ce qui nous a aidés à structurer nos idées pour sortir avec un concept solide, créatif et innovant. Il faut à ce titre préciser que des propositions de plusieurs collègues et amis du mouvement entrepreneurial ont soutenu notre projet et ont contribué à concevoir la version finale de TakaFull, en tant que business model adapté à l'écosystème marocain. Le projet de TafaFull s’est clairement concrétisé après avoir décroché, l'année dernière, la 4e place de la compétition “Solve For Tomorrow”, organisée par Samsung Electronics Morocco et Enactus Morocco.

Quel est votre objectif à travers ce projet?

Yassine : Mon objectif est le même depuis le début: promouvoir l’action entrepreneuriale chez les jeunes et participer au lancement à grande échelle du crowdfunding au Maroc et auMaghreb.

Omar : J’ai un double objectif. Tout d’abord, j’aimerais rompre avec l’idée de "je n’ai pas d’argent pour créer mon projet ou je n’ai pas avec qui travailler...”. Je veux que les jeunes d'aujourd'hui, qui ne manquent pas de compétences et d'ambition, réalisent leurs rêves en créant leurs propres projets au moindre coût en termes de temps et d’argent, tout en contribuant au développement du pays. Je cherche également à développer de nouvelles compétences, rencontrer de nouvelle personnes qui appartiennent au milieu entrepreneuriale et d’apprendre de mes erreurs.

Comment décririez-vous l'avantage de TakaFull?

Si vous mettez votre projet sur la plateforme TakaFull, vous allez avoir accès une large audience. Cela va également vous permettre de gagner beaucoup plus de temps en comparaison avec une personne qui passerait par les banques. De plus, cela permet de se focaliser sur les tâches essentielles du projet. Beaucoup de jeunes seront donc incités à innover, à créer leurs propres entreprises, enclenchant ainsi un cercle vertueux qui ne peut être que bénéfique pour les jeunes, la population marocaine et le pays en général.

Comment est organisé TakaFull?

Omar : Je suis le CEO, Financier et Marketeur du projet, et Yassine intervient en tant que Financier, Community Manager et chargé de communication externe. Pour le moment nous ne sommes que deux, mais nous cherchons à recruter deux autres jeunes, dont un développeur mobile, qui seront ambitieux, responsables mais surtout qui chercheraient à rompre avec les anciennes méthodes de travail et de réflexion. Nous cherchons des personnes qui cherchent de l’aventure avant tout!

Que pensez-vous du vide juridique que connaît le Maroc en matière de crowdfunding? Est-il urgent selon vous d'offrir à la pratique un cadre légal?

Yassine: Il s’agit là d’un débat qui s’est développé dernièrement en vue d’en sortir avec des solutions satisfaisantes pour toutes les parties, société civile, entrepreneurs et État. En effet, il existe un vide juridique qui laisse classer le crowdfunding dans la catégorie des opérations d’appel à la générosité publique soumises à la loi 004-71 qui règne depuis plus de 45 ans. À mon avis, si l’Etat veut voir les fruits des programmes de l’emploi et de promotion de l’action entrepreneuriale, elle doit investir dans la mise à jour de sa législation qui n’est plus adaptée aux exigences de développement et de la mondialisation actuellement , car des centaines d’idées innovantes se voient tuées dans l’œuf à cause des sources rares de financement , et que sans doute les nouvelles pratiques (crowdfunding , Business angels...) représentent un espoir de progrès pour le mouvement entrepreneurial en général. Et nous considérons TakaFull comme un petit né de cette lutte afin de libérer la vague de crowdfunding au Maroc.

Quels sont vos projets pour l'avenir?

Yassine : En parallèle au Master, j’essaye de me développer en termes de savoir faire sur terrain et de m’habituer au climat de la société à travers un travail à temps partiel que j’occupe depuis 6 mois. J’essaye aussi de me lancer dans l’écriture des articles sur web sur des sujets économiques d’actualité. Mon objectif à moyen terme est clair: continuer mon autoformation, trouver un emploi stable pour gagner ma vie, et poursuivre la lutte pour que TakaFull voit le jour en tant que projet qui va sûrement faire naître d’autres projets.

Omar : Pour ma part, c'est faire de TakaFull une réalité. Pour ce faire, il faut que j’apprenne en parallèle plusieurs choses et il faut que je mette un autre business de côté pour avoir les économies nécessaires. Je cherche à améliorer mon anglais pour pouvoir passer le CFA (The Chartered Financial Analyst, l'une des certifications les plus reconnues et recherchées dans le monde de la finance). Je me donne pour objectif d'obtenir cette certification dans les 4 ans à venir, afin de donner plus de crédibilité à mon CV et mieux maîtriser l’aspect financier qui n’est rien d’autre que la pierre angulaire de TakaFull.

Selon vous, quel rôle jouera le crowdfunding pour la jeunesse marocaine?

Omar: Le streaming musical sur des plateformes telle que Spotify et Deezer a changé la manière dont les jeunes consomment la musique et il a pu propulser encore plus loin l’industrie musicale. Je crois fermement et avec certitude que le crowdfunding va réellement faciliter la vie des jeunes marocains qui, à part les sources de financements, ne manquent pas de talents.

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