VIH en Tunisie: Plus de mineurs, d'abandon de traitement et de discriminations alerte ATP+

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SIDA
Yiorgos Karahalis / Reuters
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Des personnes séropositives, notamment des femmes, qui arrêtent de prendre leurs médicaments antirétroviraux, perdus de vue des centres de prise en charge étatiques, c'est le constat alarmant de l'association tunisienne de prévention positive (ATP+).

L'ONG a lancé un cri d'alarme à travers un communiqué publié le 3 juillet pour mettre en garde contre "des échecs du traitement antirétroviral liés au développement de mutations de résistance et une détérioration de l'état de santé des personnes vivant avec le VIH (...)".

Contactée par le HuffPost Tunisie, Souhaila Bensaid, de l'ATP+, explique l'arrêt de la prise des médicaments et la disparition des personnes atteintes de VIH par les discriminations auxquelles elles font face constamment dans les centres de prise en charge. "Certaines d'entre elles, pour éviter les commérages du personnel médical boudent ces centres au péril de leur santé ou demandent de changer de médecin ou de rendez-vous", déplore-t-elle.

Des entraves à l'accès aux soins qui se reflètent par "la persistance des comportements discriminatoires envers les séropositives. Certains font face au refus et à la méfiance du personnel médical pour des soins dentaires ou pour certaines opérations, etc. Il faut savoir que à l'hôpital 'Rabta' de Tunis au service gynécologique, la mention VIH est inscrite sur le lit de la malade, au vu et au su de tout le monde donc. Dans plus de 80% des laboratoires d'analyses biologiques privés, ce sont les membres de la famille de la personne atteinte de VIH qui sont mis au courant de la contamination du malade avant ce dernier, ce qui constitue une violation criante de la règle de confidentialité. Les femmes atteintes de VIH courent également plus le risque de développer un cancer, or lors du bilan qu'elles subissent, le dépistage du cancer n'est pas systématique" s'insurge la représente de ATP+.

Diverses discriminations accablent davantage des personnes déjà en situation de précarité et de fragilité à tous les niveaux: "En effet, les principales populations atteintes sont les homosexuels, ceux qui utilisent des drogues injectables et les travailleurs et travailleuses du sexe, opérant de manière clandestine", a ajouté Souahaila Bensaid.

Elle évoque l'émergence d'une nouvelle population à risque que sont les mineurs, "le problème avec ces derniers est qu'ils leur faut l'autorisation des parents pour se faire dépister. Or ce n'est pas évident pour grand nombre d'entre eux, face aux tabous qui entourent la sexualité", a-t-elle alerté.

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Souahaila Bensaid implore le ministère de la Santé pour qu'il enraye les discriminations sévissantes chez le personnel médical et à déployer les efforts nécessaires pour faciliter l'accès aux soins: "Sachant que la Tunisie n'a pas encore fait les démarches nécessaires pour l'obtention de nouvelle génération de médicaments plus efficaces et avec moins d'effets secondaires", a-t-elle conclu.

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