Discours royal au sommet de l'Union africaine: "L'avenir de l'Afrique passe par sa jeunesse"

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MOHAMMED VI
Le roi Mohammed VI entouré du prince Moulay Rachid (droite) et de Nasser Bourita (gauche), actuel ministre des Affaires étrangères, lors du premier sommet africain de l'action, Marrakech, 16 novembre 2016. | Youssef Boudlal / Reuters
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DÉFIS CONTINENTAUX - Le Maroc participait ce week-end au 29e sommet de l'Union africaine (UA) à Addis-Abeba, en Ethiopie, pour la première fois en tant que membre de l'instance panafricaine.

Le roi, qui n'a pas fait le déplacement, s'est fait représenter ce lundi 3 juillet par son frère le prince Moulay Rachid. Le prince a lu le discours royal devant l'assemblée des chefs d'Etat et de gouvernement africains.

Dans son discours, le roi a mis l'accent sur le rôle indispensable des jeunes pour construire l'Afrique de demain. La jeunesse et le nécessaire investissement dans celle-ci était d'ailleurs le thème de ce sommet.

"L’avenir de l’Afrique passe par sa jeunesse", a ainsi estimé le roi, rappelant que près de 600 millions d'Africains sont aujourd'hui des jeunes, et qu'en 2050, 400 millions d'habitants du continent auront entre 15 et 24 ans. "Une occasion inespérée s’offre ainsi à l’Afrique de bénéficier d’une main d’œuvre jeune, éduquée et abondante pour nourrir sa croissance économique", a-t-il indiqué.

L'un des principaux défis sera de permettre à ces jeunes d'accéder au marché de l'emploi. Car chaque année, plus de 11 millions de jeunes Africains entrent sur le marché du travail, mais seuls 3 millions d'emplois sont créés, et plus de 70% des jeunes Africains vivent avec moins de 2 dollars par jour, a rappelé le souverain.

Éduquer et former pour enrayer le chômage

Pour enrayer le chômage qui touche en majorité la jeunesse (60% des chômeurs africains sont des jeunes), le roi estime que la réponse, qui doit être apportée "de toute urgence", réside sur le triptyque "éducation, enseignement supérieur et formation professionnelle". Il a ainsi souligné l'importance d'investir "massivement" dans les domaines de l’éducation, la formation professionnelle, l’emploi, mais également la santé.

Autrement, "une jeunesse africaine livrée au désœuvrement bloquera l’émergence tant souhaitée du continent", et les jeunes seront davantage vulnérables, notamment face aux discours radicaux. "Près de 40% des personnes au chômage sont des recrues de choix pour les mouvements rebelles, les groupes extrémistes ou terroristes qui sévissent à travers le continent", a rappelé le roi.

L'autre défi lié à la prise en compte des jeunes dans les politiques continentales est celui de la migration, qu'elle soit légale ou illégale. "Le destin de nos jeunes est-il au fond des eaux de la Méditerranée? Leur mobilité doit-elle devenir une hémorragie? Il nous appartient au contraire de la gérer pour en faire un atout", a encore exhorté le souverain.

Le roi Mohammed VI, qui a été chargé de coordonner le programme de la migration au sein de la nouvelle commission de l'UA, souhaite ainsi élaborer un "agenda africain" sur la migration, afin de développer "une vision africaine commune" sur cette thématique.

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