Grand oral d'El Othmani: qu'en dit la presse en ligne?

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EL OTHMANI
Youssef Boudlal / Reuters
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REVUE DE PRESSE - Hier, c'était l'heure du grand oral pour le chef du gouvernement Saad Eddine El Othmani. Ce dernier a été invité sur les deux chaînes nationales, Al Aoula et 2M, pour une rencontre avec la presse. Face à l'invité de marque, les journalistes Abdellah Tourabi, politologue, journaliste et animateur de l'émission de débat Confidences de presse sur la chaîne 2M, Samir Chaouki, directeur de publication du quotidien Les Inspirations Eco et Fatima El Baroudi, directrice des informations de la première chaîne Al Aoula.

Plusieurs questions d'actualité ont été posées au chef du gouvernement mais c'est la crise du Rif qui a dominé cet entretien.

Al Hoceima est sur toutes les lèvres

Très attendu par la presse marocaine, le passage du chef du gouvernement sur les deux chaînes publiques a été attentivement suivie par les médias en ligne qui ont consacré leurs analyses sur ses réponses liées à la question d'Al Hoceima.

Ainsi, nos confrères de H24 ont listé les principaux points abordés par El Othmani sur ce sujet: le social et le politique, deux axes de réponse à Al Hoceima, le communiqué de la majorité gouvernementale sur le séparatisme qui "n’avait pas lieu d’être" selon El Othmani, la libération des détenus qui "n’est pas du ressort du gouvernement" mais de la justice, l'approche sécuritaire "motivée" et enfin le lancement d'une cellule pour coordonner les retards des projets lancés par le roi.

H24 a également rappelé que le chef du gouvernement "n’a pas, par ailleurs, manqué de s’adresser aux populations du Rif, les appelant au calme afin de pouvoir créer un climat propice à l’investissement dans la région".

Le sujet d'Al Hoceima a été plus durement analysé par nos confrères du Desk, qui ont été peu convaincus par la prestation du chef du gouvernement. Ces derniers vont même jusqu'à dire que cette intervention est "un aveu d'échec".

En effet, pour le journal en ligne, le chef du gouvernement "a littéralement avoué qu’il n’avait pas toutes les clés d’explication de l’enlisement de la crise". Toujours selon Le Desk, le point le plus important de cette intervention a été son "aveu sous forme de rédemption sur l’accusation de séparatisme porté par son gouvernement qui a justifié à l’opinion publique l’envoi en prison des militants du Hirak".

Un point crucial qui a été également mis en exergue par nos confrères de TelQuel. L'édition en ligne du magazine reprend notamment les propos du chef du gouvernement lorsqu'il insiste pour dire que "ces accusations de séparatisme" ont été portées par "des dirigeants de partis politiques"".

TelQuel est revenu, par ailleurs, sur le message d'apaisement du chef du gouvernement auprès des manifestants. Pour le magazine, le chef du gouvernement a tenu "à présenter la situation de manière équilibrée", sans dresser un bilan: "Je dis que des manifestants ont été frappés, mais aussi des policiers. Il y a deux policiers qui sont dans le coma, en soins intensifs".

Qu'en est-il des prisonniers?

La question de la libération des détenus du Hirak a été largement évoquée. Si El Othmani déclare que "nous sommes entrés dans une ère d’indépendance totale de la justice" Médias24 tempère ses propos en rappelant que "jusqu’au 7 octobre, le parquet relève toujours du ministre de la Justice, donc du gouvernement".

Pour le Desk, la sentence est irrévocable: El Othmani s'est "défaussé" dans la foulée derrière "l’indépendance de la justice" pour "ne pas se prononcer sur la question de la libération des détenus".

Le360, de son côté, se montre moins dur envers El Othmani. Si le journal en ligne reprend ses propos sur les policiers blessés, il insiste, toutefois, sur le fait que "l'Exécutif reconnaît de facto l'existence de dysfonctionnements dans la concrétisation des revendications sociales légitimes" de la population d'Al Hoceima, "en ce qui concerne l'enlisement des projets présentés au roi mais restés non aboutis".

Le360 et Médias24 ont également choisi de reprendre les déclarations du chef du gouvernement au sujet de l'Agence de développement du nord, "qui a lancé plus de 200 appels d’offres. La ville devient un chantier. Mais le développement a besoin de stabilité et de paix sociale".

La lutte anti-corruption, l'autre question phare de cette intervention

Pour Medias24, la question du journaliste de 2M sur la moralisation de la vie politique est "l’une des plus pertinentes de la rencontre".

Ce dernier a cité en exemple l'affaire mettant en cause le président de la commune de Had Soualem, dont on aurait saisi dans son domicile 17 milliards de centimes (somme depuis réfutée).

"C’est une question de fond et c’est la question du jour" pour Medias24 qui, dans son analyse, rappelle que cette information, malgré le fait qu'elle ait été démentie, a été reprise avec beaucoup d'insistance par les réseaux et la presse, ce qui "reflète un besoin de moralisation de la vie publique et de lutte contre la corruption dans tous les domaines".

Sur cette question, Le360 reprend les propos du chef du gouvernement pour lequel "l'efficacité de cette lutte dépend aussi de la coopération du citoyen", précisant que "le parquet peut désormais ouvrir des enquêtes sur de simples articles de presse, s'ils sont bien fondés".

Les internautes, entre critique et ironie

Les internautes, pour leur part, n'ont pas tous été tendres avec le chef du gouvernement. Si certains tempèrent leurs propos, d'autres n'hésitent pas utiliser une touche de sarcasme et d'humour bien propre au réseau social twitter:

Certains n'ont même pas eu besoin de mots pour communiquer leur ressenti:

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