Les photos de ces grands-parents montrent l'absurdité du décret migratoire de Trump

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INTERNATIONAL - Elles ne font pas partie de la "famille proche" selon la définition des autorités américaines. Depuis l'application du décret migratoire du président américain jeudi 29 juin, les grands-parents originaires de Syrie, Libye, Iran, Yémen, Soudan et Somalie ne sont plus les bienvenus aux Etats-Unis.

Le nouveau texte adopté par la Cour Suprême prévoit que toute personne pouvant justifier d'une "relation valable avec une personne ou une entité aux Etats-Unis" soit admise sur le territoire. Ainsi, quelqu'un venant rendre visite à un membre de sa "famille proche" sera admis. Mais le terme de "famille proche", qui regroupe les parents et beaux-parents, les époux, enfants, fils ou fille adultes, gendres, belles-filles et membres de la fratrie, exclut en revanche les petits-enfants, oncles et tantes, neveux et nièces, cousins, fiancés, beaux-frères, belles-soeurs... et les grands-parents.

Alors pour démontrer l'absurdité de cette définition, un compte Instagram "Banned Grandmas" (en français, les grands-mères bannies) a vu le jour vendredi 30 juin. Il met en scène des grands-mères issues des pays concernés par le décret, en compagnie de leur famille.

@hdagres is the curator of @theiranist and her Mamani is newly banned from the US.

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"Holly Dragess (irano-américaine) est la programmatrice de la chaîne The Iranist et sa grand-mère est désormais bannie des Etats-Unis"

Camilla Razavi with that mamani mach-o-boos #muslimban #nobannowall

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"Camilla Razavi, une militante anti-Trump, avec sa grand-mère"

Throwback to when Reza's grandma WAS allowed in the US and made it to his graduation.

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"Retour dans le passé, quand la grand-mère de Reza était autorisée à venir aux Etats-Unis et s'y est rendue pour la remise de diplôme de son petit-fils"

Switching it up with a Babaei here - seems Mahsa's grandpa is only guilty of piggy backing her down the stairs.

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"Remonter les escaliers avec mon grand-père ici - on dirait que le grand-père de Mahsa n'est coupable que de l'avoir porté sur son dos dans les escaliers"

En janvier dernier, la mise en application du premier décret (suspendu depuis) avait provoqué des scènes de chaos dans les aéroports du monde entier. En limitant la portée du nouveau texte, les autorités américaines espéraient éviter un nouveau scénario catastrophe. Mais le décret a malgré tout provoqué la colère des autorités des pays concernés.

L'Iran a ainsi été prompt à réagir. "Les Etats-Unis interdisent désormais aux grands-mères de voir leurs petits-enfants, dans une démonstration vraiment honteuse d'hostilité aveugle envers tous les Iraniens", a tweeté le chef de la diplomatie du pays Mohammad Javad Zarif.

L'Etat américain de Hawaï a de son côté demandé à un juge fédéral de clarifier l'étendue de la mesure et de préciser la notion de "famille proche". "A Hawaï, la notion de 'famille proche' inclut beaucoup de gens que le gouvernement fédéral a décidé de lui-même d'exclure", a déclaré dans un communiqué le procureur général de Hawaï, Douglas Chin.

"Cette administration est en train de redéfinir ce qu'est une famille. J'ai été élevée par mes grands-parents, donc je ne peux imaginer qu'ils soient considérés comme extérieurs à la famille", relatait de son côté Rama Issa, directrice de l'Arab American Association of New York.

"Je suis fiancée et vais me marier. J'ai de la famille aujourd'hui en Syrie, non seulement mon père mais aussi des oncles et tantes que j'aimerais bien voir à mon mariage, mais hélas ils ne pourront pas venir", ajoutait-elle.