Simone Veil, femme de convictions et figure de la vie politique française, est morte

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SIMONE VEIL
French politician Simone Veil (2nd L), dressed in the French Academician's uniform of a black jacket embroidered in green laurel leaves, speaks with Academicians in the library of the Institut de France before a ceremony in Paris March 18, 2010. Veil was inducted into the French Academy (Academie Francaise) as an 'Immortels'. REUTERS/Philippe Wojazer (FRANCE - Tags: POLITICS ENTERTAINMENT) | Philippe Wojazer / Reuters
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Immense figure de la vie politique française, l'ancienne ministre Simone Veil, qui avait porté la loi légalisant l'avortement en 1974, est morte vendredi matin, a annoncé à l'AFP son fils Jean Veil.

"Ma mère est morte ce matin à son domicile. Elle allait avoir 90 ans le 13 juillet", a indiqué l'avocat.
Elle était rescapée des camps de la mort, où elle avait été déportée à 16 ans, et incarnait pour les Français la mémoire de la Shoah.

Connue pour son fort caractère, celle qui a été l'une des personnalités préférées des Français était affaiblie depuis plusieurs années. L'été dernier, elle avait été brièvement hospitalisée pour des problèmes respiratoires.

Cette centriste historique, membre du Conseil constitutionnel de 1998 à 2007, s'est illustrée en faisant voter la loi portant son nom sur l'interruption volontaire de grossesse (IVG). Elle était alors ministre de la Santé sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing.

Elle avait fait face à des adversaires déchaînés. "Je n'imaginais pas la haine que j'allais susciter", confiait-elle dans un livre entretien avec la journaliste Annick Cojean (Les hommes aussi s'en souviennent, 2004).

Née le 13 juillet 1927 à Nice (Alpes-Maritimes) au sein d'une famille juive et laïque, et fille d'un architecte, Simone Jacob est déportée en 1944 à Auschwitz avec sa famille. Elle rencontre à Sciences-Po son futur mari Antoine Veil. Le couple, marié en 1946, aura trois enfants. Antoine est décédé en avril 2013.

Mme Veil commence en 1956 sa carrière dans la magistrature, comme substitut à l'administration centrale du ministère de la Justice. Elle est la première femme à devenir secrétaire général du Conseil supérieur de la magistrature (1970-74).
Entrée en politique en 1974, comme ministre de la Santé dans le gouvernement Chirac, elle le demeurera dans les trois gouvernements Barre, se voyant adjoindre la Sécurité sociale en 1977-78, et la Famille en 1978-79.

Tête de liste UDF lors des premières élections au Parlement européen au suffrage universel en 1979, elle renonce à son poste ministériel pour devenir présidente du Parlement européen (1979-1982). Réélue en 1984 et 1989, Mme Veil siègera au Parlement jusqu'en 1993.

De 1993 à 1995, Mme Veil est ministre d'Etat, ministre des Affaires sociales, de la Santé et de la Ville, dans le gouvernement Balladur.

Soutien de Raymond Barre à la présidentielle de 1988, elle rallie Edouard Balladur dans la course à l'Elysée en 1995. Elle soutient Nicolas Sarkozy en 2007.

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