Rachid Badouri à Marrakech: du rire aux vraies larmes!

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RACHID BADOURI
Rachid Badouri a su faire pleurer de joie son public, mais pas que | Laid Liazid
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MARRAKECH DU RIRE - Il a réussi à faire rire et surtout à bouleverser. Le nouveau spectacle de Rachid Badouri,"Badouri rechargé", présenté jeudi 29 juin au Marrakech du Rire, a réservé beaucoup de surprises au public de cette édition 2017.

Le public impatient

Jeudi 29 juin, 20h. Le théâtre royal commence à se remplir peu à peu. Deux petites coupures d'électricité en stressent certains, en impatientent d'autres. "Rachid, quand est-ce que tu arrives?", demande un enfant. Un peu plus d'une heure plus tard, la voix de l'humoriste se fait entendre. Il n'est pas prêt, mais il a une surprise pour faire patienter son public: "c'est ma cousine", lance Rachid Badouri. C'est en fait Nadia Roz. Elle prend place sur scène et raconte son quotidien de maman. "Les bébés, c'est des clochards. Ça pue, ça vomis. Je vous le dis! Avec son doudou dalmatien, mon enfant, c'est un punk à chien!"

Après quelques minutes, Rachid Badouri entre sur scène. Une salve d'applaudissements retentit instantanément. Tout de suite, il rappelle ses origines marocaines et sa fierté de les avoir. Quelques blagues sur le ramadan et il lance son spectacle: "Badouri rechargé". "Ce n'est pas que j'ai été déchargé à un moment, c'est surtout que je suis rechargé d'histoires et d'anecdotes à vous raconter", rassure-t-il.

Son père, le personnage principal

Très vite, il en vient à son personnage préféré, celui qui l'inspire encore pour son deuxième spectacle, son père. Il raconte les lapsus que fait son père quand il veut parler français. "Un gars est venu, il a fourni un Bescherelle édition Berbès à nos parents en leur disant que c'était ça le français. Dedans, il y a une règle qui dit que si deux mots sonnent pareil, c'est des synonymes. Par exemple, quand il fait chaud, mon père va dire: 'Il fait chaud, c'est la clavicule!'".

Rachid Badouri raconte aussi les moments de honte aux rencontres parents-professeurs, ou quand son père devait lui parler d'un sujet tabou, la sexualité, par exemple, et qu'il utilisait des métaphores pas si métaphoriques que ça.

rachid badouri

"Attendez, je sors du texte là. On m'avait dit que la sécurité au Maroc s'était améliorée. Oui, ils ont mis des bip bip, à l'entrée de chaque hôtel. Normalement, quand ça sonne, tu contrôles le mec. Là, ça sonne à chaque fois, et personne ne fait rien", rigole l'humoriste.

"Badouri rechargé"

Puis, Rachid nous apprend l'heureuse nouvelle: depuis son dernier spectacle, il s'est marié. Il rigole de son après-mariage, de la nouvelle femme qu'il a devant lui, qui rigole autrement, se mouche autrement et qui a perdu sa timidité. Les blagues s'enchaînent: les femmes viennent de Vénus; lui, un arabe qui voulait devenir le nouveau Beethoven; les clichés qui ont la vie dure, mais qui sont pourtant vrais. "On est tous arabes et on a tous une grande famille!". Le public pleure de joie.

Et le rythme change. Rachid Badouri confie qu'il lui est arrivé deux choses marquantes, ces dernières années. L'une merveilleuse, ce mariage qu'il vient de raconter. Et l'autre, qui est tout son contraire: le décès de sa mère, une perte qu'il veut partager avec son public. Alors, l'humoriste s'installe et raconte.

Le public le suit attentivement, s'accroche à l'histoire. Quelques blagues entrecoupent le récit, des rires timides se font entendre. Puis, quelques larmes se font voir dans le public, et dans les yeux de l'humoriste.

Une surprise pour Marrakech

Le spectacle ne finira pas sur cette triste note: un piano atterrit sur scène. Quelques secondes plus tard, Rachid Badouri réalise son vœu de devenir "le nouveau Beethoven". Il nous dévoile ses talents de pianiste (qu'il avait, finalement!) et de danseur aussi.

"Voilà, si vous voulez partir, vous pouvez. Mais j'ai une petite surprise, pour vous, si vous voulez rester encore un peu". Ses deux nièces, son beau-frère, sa sœur, qui vivent à Tanger, un autre de ses beaux-frères, sa femme et, bien sûr, son père, sont venus le voir. Ils sont bien là, dans le public. Il les présente avant de faire une dédicace très particulière: "Je dédie ce spectacle à une autre personne, ma mère. C'est pour ça que je voulais une scène à ciel ouvert. Pour que ça puisse monter jusqu'à elle. Maman je t'aime."

Et sur cette nouvelle émotion, Rachid Badouri, qui ne veut définitivement plus quitter la scène, se lance dans une improvisation. Il parle de sa fille, qui a maintenant trois ans. Un avant-goût du prochain spectacle?

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