La situation est tendue à Kébili selon la députée Ennahdha de la région Mahbouba Ben Dhifallah

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Photo d'illustration | Facebook/Kebili infos
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La situation semble se tendre à Kébili.

Après plusieurs manifestations organisées depuis le mois de mai d'abord en soutien à ce qu'il se passait à Tataouine puis pour revendiquer leurs droits à l'emploi et au développement, les manifestants ont demandé à recevoir une délégation ministérielle indique la radio Shems Fm afin de négocier avec eux leurs revendications.

Si samedi à 00h01, la délégation ministérielle n'est pas arrivée, ce sera l'escalade indique la radio citant le porte-parole des manifestants à Douz Fakher Lajmi.

Selon le gouverneur de Douz Sami El Ghabi, ces revendications sont inaccessibles. Bloquant l'accès à la station de pompage dans la localité de Boulahbal, les manifestants réclament l'emploi de 4000 personnes de Douz ainsi que l'organisation d'un conseil des ministres au niveau local et non au niveau du gouvernorat, mais également des allocations du fonds de développement au niveau local.

Ennahdha inquiète

Dans un communiqué publié jeudi, le parti Ennahdha a exprimé ses craintes quant à une éventuelle escalade à Kébili. Affirmant que les demandes des habitants sont légitimes, le parti les a appelé à exprimer pacifiquement leurs revendications "loin de toute instrumentalisation politique". Par ailleurs, une cellule de crise a été mise en place par le parti.

Intervenant sur les ondes de la radio Shems Fm, la députée Ennahdha Mahbouba Ben Dhifallah, élue sur Kébili, affirme qu' "il y a 4 ou 5 Sit-in dans le gouvernorat de Kébili. Tout d'abord 3 dans les localités de Bouargoub, El Chgiga, Boulahbal dans la délégation de Douz, puis il y'en a à la délégation d'El Faouar où ils sont dans les lieux de production du pétrole. A Bouargoub, El Chgiga et Boulahbal; ils ont à proximité des vannes. D'ailleurs, ils ont fermé la vanne de Boulahbal." indique-t-elle.

"Je suis déçue de la façon dont le gouvernement se comporte face à cette situation. Il y'a une absence totale même au niveau de la présidence du gouvernement. Il n'accordent aucune importance à cette région" affirme-t-elle.

Malgré une réunion entre les représentants du gouvernement et des sit-inneurs "il y'a un mois et demi", les choses ont depuis évolué dans le mauvais sens affirme l'élue d'Ennahdha.

Vidéo sur le lieu du sit-in à Boulahbal près de la vanne à pétrole

Vers un nouvel El Kamour?

Le 22 mai dernier, les habitants de Kébili ont organisé une marche en soutien aux manifestations qui se déroulaient à El Kamour et à Tataouine avant que la situation ne dégénère rapidement.

Le 20 mai dernier, tout s'accélère à El Kamour dans le gouvernorat de Tataouine. Diffusant une liste de revendications, plusieurs manifestants sur le site du champ pétrolifère d'El Kamour donnent 48 heures au gouvernement pour les accepter et tentent de forcer le passage vers les vannes faisant face à des tirs de sommation de l'armée pour les disperser.

Dans cette confusion, un manifestant est mort écrasé par une voiture de la Garde nationale, les choses s'enveniment et des affrontements entre policiers et manifestants se déclenchent. Scènes de chaos à Tataouine où le siège de la Garde nationale et de la délégation régionale de la sécurité publique ont été brûlés.

Affirmant avoir été proche d'un accord avec les manifestants avant le début des hostilités, le ministre de l'Emploi et de la formation professionnelle avait indiqué ne pas s'attendre à une telle escalade pointant du doigt des partis politiques "déjà en campagne".

Après le retour au calme, ce n'est que le 16 juin dernier grâce à l'intervention de l'UGTT qu'un accord pour mettre fin au sit-in bloquant la production de pétrole a pu être trouvé.

"Les tentes resteront sur place jusqu'à ce qu'on commence à appliquer les mesures" promises, a dit après la signature de l'accord Tarek Haddad, porte-parole du mouvement de contestation à l'AFP.

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