Les "sites de production" et les "installations vitales" désormais considérés comme "zone militaire interdite"

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FATHI NASRI/AFP/Getty Images
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Les "sites de production" et "installations vitales" seront désormais considérés comme "zone militaire interdite" en Tunisie, une mesure visant à empêcher leur entrave par des mouvements sociaux, a annoncé la présidence de la République.

Un décret en ce sens "a été examiné et approuvé" par le conseil de sécurité nationale réuni mercredi au palais présidentiel, a indiqué cette source dans un communiqué.

Présenté par le ministère de la Défense, le texte entrera en vigueur dès publication au Journal officiel, "a priori d'ici la fin de semaine prochaine", a précisé à l'AFP la présidence de la République.

Le nombre de sites concernés n'a pas non plus été mentionné, mais d'après la même source la liste sera établie "par le ministère de la Défense avec les différents ministères concernés" (Energie, Transports, etc.). Il est question d'une vingtaine de sites au total.

Cette liste "sera longue et diversifiée puisqu'il s'agit maintenant de savoir quelle est l'installation qui peut être considérée comme stratégique ou vitale", a pour sa part avancé le quotidien La Presse de jeudi.

Elle concernera les sites pétroliers et ceux du bassin minier de Gafsa (centre), mais "pas exclusivement", a ajouté le journal.

Six ans après la révolution, la Tunisie cherche toujours à relancer son économie. L'actuel gouvernement d'union, à l'image de ses prédécesseurs, est confronté à une grogne sociale donnant lieu à la paralysie de sites de production.

En réaction, le chef de l'Etat Béji Caïd Essebsi a annoncé le 10 mai, lors d'un discours officiel, que l'armée allait dorénavant protéger ces sites des mouvements sociaux susceptibles d'empêcher leur exploitation.

"Toute personne voulant manifester peut manifester, dans le cadre de la loi (...). Mais si tu veux manifester et que la première chose que tu fais, c'est stopper la production de la Tunisie (...) où allons-nous?", avait lancé M. Essebsi.

"Nous savons que c'est une décision grave mais elle doit être prise", avait-il ajouté.

Au cours des jours suivants, un sit-in observé depuis plusieurs semaines à El-Kamour (sud-est), à proximité d'un complexe pétrolier, avait dégénéré en heurts. Le 22 mai, un manifestant avait été tué par un véhicule de la gendarmerie, "accidentellement" selon les autorités, provoquant une flambée de violences dans la région.

Après médiation du puissant syndicat UGTT, un accord a été trouvé mi-juin entre autorités et manifestants, prévoyant des embauches pour les jeunes de la région et la création d'un fonds d'investissement.

Des mouvements sporadiques persistent toutefois sur d'autres sites, ainsi qu'à Kébili.

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