Des prisonniers-entrepreneurs: Ce projet de réforme carcérale qui porte ses fruits en Uruguay

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PUNTA DE RIELES
PABLO PORCIUNCULA via Getty Images
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Dans la prison de Punta de Rieles en Uruguay, pas question de rester les bras croisés, pas question de rester dans sa cellule. Les 597 détenus se lèvent tous les matins pour travailler, pour étudier ou encore pour s'amuser.

C'est suite à un rapport de l'ONU, par Manfred Nowak, que ce projet a été pensé. Comment prévenir toutes ces violences, comment contrer la surpopulation. La réforme se met en place.

Punta de Rieles est donc une prison "prisée" en Uruguay, où tout autre prisonnier rêverait d'y être.

La raison est simple, la prison de Punta de Rieles fait l'objet d'une "vaste réforme carcérale", apprend-t-on sur sept.info. Toutes les règles, tous les codes sont brisés, offrant aux prisonniers, acceptés sur dossier, l'avantage d'une quasi-totale liberté.

Les détenus à Punta de Rieles ont un portable, un accès à internet et peuvent se balader librement dans l'enceinte de la prison, entre
le terrain de sport, la bibliothèque ou encore la cafétéria. Deux prisonniers, Roy et Ricardo, sont autorisés à quitter l'enceinte de la prison tous les jours, pour aller étudier, l'un est étudiant en ingénierie, le deuxième est étudiant infirmier.

Le droit de circuler librement donc, mais c'est surtout le droit au travail qui change la vie des détenus. Dans la prison même, ils sont encouragés à créer leurs entreprises: tatoueur, coiffeur, boulanger, pâtissier, épicier, d'autres fabriquent des briques, des meubles...

On y trouve un tatoueur, une fabrique de briques, et bien plus. Au total, 60 entreprises, toutes dirigées par des prisonniers, car le but est de préparer à la réinsertion par le travail ou les études, et la motivation est de taille:

Près de 600 détenus, dont les peines sont lourdes, mais qui, pour la plupart vont bientôt sortir pensent à la suite, au lendemain, à leur sortie de prison. Pour les motiver encore plus, deux jours de labeurs sont égaux à un jour en moins en prison.

L'autre spécificité de cette prison, c'est qu'il n'y a pas de gardiens armés, ceux-ci n'interviennent que dans les cas extrêmes, qui eux même sont rares. À la place, ce sont des assistants sociaux qui surveillent de loin les prisonniers. Brigands, dealers de drogues et même meurtriers peuvent y être admis, toutes sortes de crimes sauf les crimes sexuels.

Et s'il arrive aux détenus de ne pas respecter les règles, ils sont renvoyés dans les prisons traditionnelles, là où la vie n'est pas si douce.

Le projet pilote, un pari qui semble porter ses fruits, le taux de récidive est très faible par rapport aux autres prisons, "moins de la moitié que dans les autres prisons du pays," selon arte.tv.

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