Alger: A Aïn Taya, de belles plages noyées par des eaux usées et des déchets industriels

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Une quinzaine de jours après un (énième) engagement de la part du groupe industriel Tonic à traiter tous les déchets déversés sur le littoral de Bousmaïl, le ministère de l'Environnement et des énergies renouvelables doit désormais se pencher sur le cas de la zone industrielle de Reghaïa (Alger-Est). Des eaux usées sont régulièrement déversées sur la mer Méditerranée via les plages de la commune de Aïn Taya, se propageant à celles de Kadous et Corso à l'ouest ou celle des Canadiennes à l'est.

Très prisée pour ses rivages dorées et ses eaux claires, cette partie du littoral algérois subit continuellement la pollution chimique. Le déversement des eaux non traitées et infectées, pratiqué depuis plusieurs années selon des habitants des communes de Reghaïa et Aïn Taya, s'intensifie chaque été, provoquant même un changement inquiétant la couleur de la mer, qui devient grise ou pourpre.

L'unes des plus belles plages d'Alger deviennent ainsi "repoussantes", dégageant des "odeurs nauséabondes" sur des centaines de mètres, se plaignent les habitués des lieux.

Selon ces derniers, les eaux usées proviennent du lac de Reghaïa, adjacent à la zone industrielle de la commune. Des déchets ménagers et industriels y sont déversés par les usines et stations d'épurations installées dans ce domaine.

Face à l'insuffisance de ce "réservoir", le lac a été relié à la place de Kadous par un "circuit aménagé" dans la forêt de la même commune, pour déverser des eaux non traitées sur la Méditerranée, explique-t-on. (Carte ci-dessous).

reghaia

"Catastrophe naturelle"

Les habitants de la commune de Aïn Taya n'ont pas cessé d'alerter les autorités compétentes, les appelant à prendre en charge cette "catastrophe naturelle". "En été, les odeurs et émanations provenant du lac et de l'embouchure (le reliant à la plage Kadous) sont insoutenables", témoigne Neila, habitante à Surcouf.

Les habitués de cette partie du littoral algérois avertissent surtout contre un "massacre environnemental". "Après avoir fait du lac et de la forêt de Reghaïa un "réservoir" des eaux usées, les usines et les stations d'épurations menacent désormais les plages de Aïn Taya", déplore-t-elle.

Des habitants dénoncent également le "gâchis" et les dommages portés contre la faune et la flore du lac et de la forêt, un site classé Ramsar (Convention sur les zones humides d’importance internationale) en 2003, pour sa conservation et l'utilisation rationnelle des ses ressources.

Sur les réseaux sociaux, ils ont exprimé leur inquiétude d'un "massacre environnemental" que pourrait subir la mer. Ils ont également partagé des images, montrant l'acheminement des eaux usées vers la plage et le changement de couleur de la mer.

Les mêmes habitants, rappelant que des établissements étatiques ont déjà promis en 2016 de prendre en charge ce "massacre", ont appelé les autorités compétentes, dont le ministère de l'Environnement à se pencher sérieusement sur cette pratique, qui met en danger la santé des baigneurs.

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