La Tunisie classée au même niveau que l'Afghanistan et mieux que l'Algérie en matière de trafic des personnes

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2017 Trafficking in Persons Report
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L’Organisation Internationale pour les Migrations, organisme des Nations Unies chargé des migrations, a félicité mardi la Tunisie pour avoir atteint le niveau Tier 2 dans le classement mondial des pays en matière de lutte contre la traite de personnes.

Le classement a été publié dans le Rapport 2017 sur la traite des personnes publié hier par le Département d’Etat américain et son Bureau de lutte et de contrôle de la traite des personnes (J/TIP), rapporte un communiqué de l'OIM-Tunisie.

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Comme chaque année, le Rapport J/TIP sur la traite de personnes met en lumière les progrès réalisés par les gouvernements du monde entier en matière de lutte contre la traite des personnes, et les défis qui restent à relever pour combattre cette grave violation des droits humains.

Pour établir son classement, le Département d'Etat des Etats-Unis a récolté les données auprès de divers organismes dans le monde.

Le rapport permet de classer chaque pays sur une échelle à quatre niveaux, tel qu'adopté par la TVPA (Trafficking Victims Protection Act). Cette loi définit une victime de la traite humaine comme une personne amenée à accomplir un travail ou un acte de commerce du sexe par la force, la fraude ou la coercition.

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La méthodologie du classement se base essentiellement sur les efforts déployés par les gouvernements pour l'élimination de la traite des personnes et leur conformité avec le Protocole de Palerme.

Le premier niveau (Tier 1) sont les pays dont les gouvernements se conforment pleinement à la traite normes minimales de la Loi sur la protection des victimes (TVPA), le deuxième niveau (Tier 2) sont pays dont les gouvernements ne sont pas entièrement conformes aux TVPA Normes minimales, mais font des efforts considérables, le troisième niveau (Tier 2 watch list) sont les pays pays dont les gouvernements ne sont pas entièrement conformes aux TVPA mais ils ont pris des engagements pour prendre un
des mesures considérables. Le troisième niveau (Tier 3) sont pays dont les gouvernements ne respectent pas le minimum
normes et ne font pas d'efforts importants pour le faire et le quatrièmes est relatif aux pays dans des situations spéciales où le trafic est très grand.

Ainsi, dans le rapport 2017, la Tunisie a vu ses efforts en matière de lutte contre la traite des personnes récompensés: le rapport reconnaît notamment l’importance de l’adoption à l’unanimité en 2016 de la Loi organique N°61-2016 de prévention et de lutte contre la traite des personnes, ainsi que la mise en place en février 2017 de l’Instance nationale de lutte contre la traite des personnes, sous tutelle du Ministère de la Justice, en tant qu’étapes-clé pour l’instauration de politiques publiques visant à lutter efficacement contre ce phénomène et à criminaliser toute forme de traite, quels que soient sa nature et le profil des victimes tunisiennes ou étrangères.

Le rapport de 2016 classait la Tunisie au niveau 2 dans le "Tier 2 Watch List" sur la liste des pays pratiquant la traite transnationale des personnes, selon le rapport de 2016 du département américain, elle ne respecte pas pleinement la loi sur la protection des victimes de la Traite (TVPA) mais elle fait des efforts dans ce sens.

La Tunisie et l'OIM collaborent depuis 2011 pour la lutte contre la traite des personnes et la protection des victimes. "Le partenariat avec le gouvernement tunisien, notamment le Ministère de la Justice et l’Instance nationale de lutte contre la traite des personnes, a permis à l'ensemble des acteurs nationaux de mieux appréhender le problème de la traite en Tunisie tout en offrant une réponse efficace et coordonnée en matière de prévention de ce crime et de protection des victimes", se félicite l'OIM.


La Convention des Nations Unies de 2000 contre la criminalité transnationale organisée, dite " Convention de Palerme " et son protocole additionnel visant à "prévenir, réprimer et punir la traite des personnes, en particulier des femmes et des enfants", est le seul instrument juridique contraignant universel de lutte contre la traite des êtres humains.

C’est la première Convention internationale qui prévoit une définition large des différentes formes que recouvre la traite des êtres humains. Elle est centrée sur la prévention, la protection des victimes, mais également sur l’importance de la coopération internationale en matière de poursuite et de répression.

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