Sbai: "Le montant de 17 milliards qui aurait été saisi chez le président de la commune de Had Soualem est exagéré"

Publication: Mis à jour:
ZINE EL ABIDINE HAWASS
DR
Imprimer

CORRUPTION - Scandale au parti de l’Istiqlal. C’est l’un de ses députés, Zine El Abidine Howass, à la tête de la commune de Had Soualem (province de Berrechid, dans la région Casablanca-Settat) qui en est à l’origine. Arrêté le 20 juin pour corruption et abus de pouvoir, la police aurait saisi, mardi, dans son domicile "17 milliards de centimes". Un chiffre largement relayé, aujourd’hui, par plusieurs médias, en particulier électroniques, et sur les réseaux sociaux, mais dont la crédibilité est remise en cause par l'Instance nationale de protection des biens publics.

Le député dispose d'un compte bancaire de 3 milliards de centimes

Contacté par le HuffPost Maroc, le président de cette dernière, Mohamed Tarek Sbai, déclare que l’Instance vient d’entamer une enquête à ce sujet. "Selon les premiers éléments de notre enquête, des sources sûres nous ont confirmé que le montant des 17 milliards de centimes est trop exagéré et qu’il n’a absolument rien à voir avec la réalité", indique-t-il. Et de préciser, en faisant référence aux mêmes sources, que l’Instance a eu la confirmation, par contre, que le président de la commune en question dispose "d’un compte bancaire de 3 milliards de centimes". "À Had Soualem, malheureusement, Zine El Abidine Howass ne jouit pas d’une bonne réputation", ajoute Mohamed Tarek Sbai.

Député auparavant du PAM, il a décidé d’échanger le tracteur par la balance. Mais, il semble avoir surtout oublié la mission pour laquelle il a été élu. Il aurait ainsi abusé de son pouvoir au point où la colère d’un promoteur immobilier a donné lieu à une plainte. Dans celle-ci, il accuse le président de la commune de Had Soualem d’avoir exigé de lui une somme de 800.000 dirhams en échange des autorisations dont il a besoin pour la construction d'un immeuble d'habitation.

Alors que l’enquête judiciaire est en cours, le président de la commune ne se montre absolument pas choqué. "Malgré les chefs d’accusation assez lourds dont il fait l’objet, il donne l’impression de ne pas en être conscient. Il est très calme", précise Mohamed Tarek Sbai.

"Des cadeaux"?

Dans sa version des faits, Zine El Abidine avait toujours affirmé que l’argent dont il dispose représente "un cadeau" et non pas "un pot de vin". Mais lorsque d’autres promoteurs immobiliers et des investisseurs ont aussi déposé des plaintes contre lui et livré des enregistrements audios, il a fini par avouer, selon une information rapporté par le H24.

Au parti de l’Istiqlal, aucune réaction officielle ni sur le site du parti ni sur sa page Facebook. HuffPost Maroc a tenté, à plusieurs reprises, de joindre des membres du bureau politique, ainsi que le porte-parole du parti, mais aucune réponse.

En attendant la suite de l'affaire, les amateurs des réseaux sociaux ne se privent pas de parodies à l'encontre du président de la commune sous le Hashtag #أين_الثروة (où est passé mon argent).

LIRE AUSSI:
Maroc: La récréation est finie