RSF inquiet pour les 6 journalistes-citoyens du Rif emprisonnés

Publication: Mis à jour:
HOCEIMA
Les six journalistes ont été arrêtés pendant qu'ils couvraient les événements d'Al-Hoceima | Youssef Boudlal / Reuters
Imprimer

ARRESTATION - Six journalistes-citoyens ont été arrêtés depuis le début du mois de juin, alors qu'ils couvraient les événements qui secouent la région du Rif et d'Al Hoceima. Reporters sans frontières (RSF) a réaffirmé ce jeudi 22 juin son inquiétude vis-à-vis de ces arrestations.

Depuis le début du mois, Abdelali Haddou de Araghi TV, Fouad Assaidi de Awar TV,
Mohamed Al Asrihi, directeur de Rif24, Jawad Al Sabry, photographe de Rif24 et Houceine El Idrissi photographe Rifpresse, se sont faits tour à tour arrêter. Le dernier, Mohamed El Hilali, directeur de Rifpresse, s'est fait arrêté le 16 juin. "Ça a commencé après l'arrestation de Zefzafi", souligne au HuffPost Maroc Yasmine Kacha directrice du bureau Afrique du Nord de RSF. "Nous confirmons l'arrestation de ces six journalistes grâce à nos échanges avec leurs avocats, leur famille et nos sources", ajoute Yasmine Kacha.

Les journalistes ne connaissent pas encore la date de leur procès mais seront jugés pour une dizaine de chefs d'accusation. "Parmi ces chefs d'accusation, il y a par exemple l'"atteinte à l'intégrité territoriale". Mais le plus grave est 'complot contre la sûreté de l'Etat', ils risquent plus de 25 ans de prison", précise Yasmine Kacha, directrice du bureau Afrique du Nord de RSF.

"Nous appelons à ce que les journalistes-citoyens soient libérés, qu'il y ait un abandon des charges. Ces journalistes faisaient tous un travail d'information. S'il y a des poursuites, elles doivent se baser sur le code de la presse et non sur le code pénal", martèle Yasmine Kacha.

Mohamed Al Asrihi, qui avait entamé une grève de la faim le 15 juin, vient d'y mettre un terme

Le directeur de Rif24, Mohamed Al Asrihi, avait débuté une grève de la faim le 15 juin. Il est en détention pour "'diffusion de fausses nouvelles' et d’'usurpation de la profession de journaliste', au motif qu’il ne disposerait pas de la carte de presse délivrée à la discrétion du ministère de la Communication", précise L'Humanité.

Inquiet de cette situation, RSF Nord-Afrique était en contact permanent avec un membre de sa famille. "Mohamed Al Asrihi a arrêté sa grève de la faim car deux de ses demandes ont été satisfaites: les visites des familles plus longues, passant de 10 minutes à 2 heures et la permission d'avoir des livres", a annoncé au HuffPost Maroc Yasmine Kacha.

RSF précise avoir contacté le ministère de la communication pour l'affaire de France 24. Mais pour ces journalistes qui seront traduits en justice, une intervention auprès du gouvernement se révèle plus compliqué. RSF n'a pas fait réagir les autorités au sujet des arrestation, "étant donné que le procès est en cours".

LIRE AUSSI: