Selon Abdellatif Mekki, Ennahdha "est la plus apte à gouverner" (VIDÉO)

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"Malgré sa majorité parlementaire, Ennahdha ne cherche pas à devenir le premier parti en Tunisie" a déclaré le député et dirigeant d'Ennahdha, Abdellatif Mekki, dans une interview accordée, ce mercredi, à la Radio Nationale. Il a indiqué que son parti ne veut pas profiter des blessures qui rongent Nidaa Tounes, son associé dans la gouvernance du pays en notant qu'Ennadha a bien compris la leçon d'après son expérience à la Troika. "Nous sommes les plus aptes à gouverner", a-t-il dit. "Mais vu le contexte actuel, il est préférable de créer une alliance plutôt que d'accaparer le pouvoir" a-t-il expliqué.

"Si le peuple tunisien et la présidence de la République souhaitent charger un Chef du gouvernement issu du mouvement Ennahdha, nous accepterons" a-t-il noté en soulignant, par ailleurs, le soutien de son parti au gouvernement Chahed malgré certaines réserves.

"S'il y a des alliances, ce sera après les élections"

Concernant les élections municipales, Mekki a assuré qu’il n’y aura pas de listes communes avec Nidaa Tounes, tout en notant que des coalitions pourraient avoir lieu après les élections.

"L'enjeu est décisif" a martelé Mekki en précisant que les prochaines élections municipales seront la pierre angulaire pour l'instauration de la décentralisation et de la démocratie dans le pays. Ces élections auront, par ailleurs, un rôle central dans le quotidien du citoyen. "Le rôle des municipalités ne se limitera plus à la propreté mais touchera d'autres secteurs importants comme celui de l'éducation ou de la santé" a-t-il répliqué.

Affaire Dabboussi: Ennahdha, cible d'une campagne de dénigrement orchestrée

En réponse aux accusations de Sami Dabboussi, fils de feu Jilani Dabboussi, le dirigeant du mouvement Ennahdha a dénoncé une campagne de dénigrement orchestrée à l'encontre de son parti. Il a estimé qu'il s’agit de fausses accusations et qu’il fallait présenter des excuses et indemniser les victimes de son père au lieu de continuer dans la voie du mensonge et de la corruption. "Jilani Dabboussi était un pilier de la corruption dans la région de Tabarka. Allez donc questionner les gens là-bas" a-t-il dit.

Mekki a précisé, d'autre part, qu'il n'a rien à voir avec cette affaire. "Je le mets au défi d'apporter la moindre preuve" a-t-renchéri en précisant que "lorsque Daboussi a quitté la prison, il marchait sur ses deux jambes. Il est mort 4 mois après avoir quitté la prison et après la sortie de la Troika du pouvoir" a-t-lancé.

"Je me demande pourquoi il n’a pas saisi la justice tunisienne! Il utilise sa nationalité française pour faire pression?" s'est demandé Mekki.

Notons que Sami Daboussi fera une conférence de presse, la semaine prochaine, en France, pour faire la lumière sur les développements de l’affaire qu’il avait porté devant la justice française contre Moncef Marzouki, ancien président de la république par intérim, Noureddine Bhiri, ancien ministre de la Justice, et Abdellatif Mekki, ancien ministre de la Santé publique, au moment de l’incarcération et du décès de son père.

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