Marzouki, B'hiri et Mekki accusés par le fils de Djilani Dabbouci de séquestration et torture de son père

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JUSTICE TUNISIA
A picture taken May 26, 2017 shows a general view of the exterior of the Tunis courthouse where the first public hearing was held for the trial of 33 people in connection with the jihadist beach massacre at the eastern city of Sousse killed dozens of foreign tourists in 2015. / AFP PHOTO / FETHI BELAID (Photo credit should read FETHI BELAID/AFP/Getty Images) | FETHI BELAID via Getty Images
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Sami Dabbouci donnera la semaine prochaine une conférence de presse en France pour faire la lumière sur les développements de l’affaire qu’il avait portée devant la justice française contre l’ancien président Moncef Marzouki et deux dirigeants du Mouvement Ennahdha, Noureddine B’hiri (ministre de la Justice sous la Troïka) et Abdellatif Mekki (ministre de la santé sous la Troïka) pour séquestration et torture de son père Djilani Dabbouci jusqu’à la mort.

Djilani Dabbouci était homme d’affaires et député sous le régime du président déchu Zine el Abdidine Ben Ali. Il a été arrêté le 27 octobre 2011 pour suspicion de corruption et abus de pouvoir.

Décédé dans la prison en raison de la dégradation de son état de santé, Djilani Dabbouci a été incarcéré dans la prison pendant deux ans sans pour autant comparaitre devant la justice, a expliqué mardi son fils à l’agence TAP.

"Bien qu’il soit disculpé des accusations qui lui sont portées, Djilani Dabbouci n’a pas été libéré ", a-t-il regretté.

Selon Sami Dabbouci, cette affaire vise à exécuter un mandat d’amener international contre Marzouki, B’hiri et Mekki pour séquestration et torture de son père jusqu’à la mort.

En réaction à ces accusations, le président du bloc parlementaire du Mouvement Ennahdha, Noureddine B’hiri, avait affirmé que ces accusations ne sont qu’une campagne tendancieuse et calomnieuse orchestrée contre sa personne et le Mouvement Ennahdha.

"Cette campagne ne va pas s’arrêter, même si l’affaire en question a été tranchée ", avait-t-il estimé.

D’après B’hiri, Djilani Dabbouci avait été arrêté, alors que le président de la République actuel Béji Caïd Essebsi était alors chef du gouvernement et Lazhar Karoui ministre de la Jusitce.

Dabbouci avait été arrêté pour corruption financière et spoliation des biens d’autrui, avait-t-il rappelé, faisant remarquer que " c’était bien le juge d’instruction près le Tribunal de première instance de Tunis en charge du dossier qui avait ordonné son arrestation pour le besoin de l’enquête ".

B’hiri avait affirmé qu’il n’a aucun rapport avec l’arrestation de Dabbouci. L’ancien ministre de la santé, Abdellatif Mekki et l’ancien président de la République, Mohamed Moncef Marzouki n’ont non plus aucun rapport avec cette arrestation. Aucun membre du gouvernement de la Troïka n’était impliqué dans cette affaire, avait-il souligné.

B’hiri avait rappelé avoir quitté le ministère de la Justice et Abdellatif Mekki le ministère de la santé, alors que Djilani Dabbouci était encore dans la prison.

Selon Abdelmajid Abdelli, expert en droit international, il est impossible d’intenter une action judiciaire de ce genre même s’il existe un accord de coopération judiciaire entre la Tunisie et la France.

"La justice tunisienne est indépendante du système judiciaire français. De surcroit, les termes de l’accord de coopération judiciaire entre les deux pays n’englobent pas de tels cas ", a-t-il ajouté.

Tout plaignant ne peut avoir recours à la justice internationale qu’en cas d’épuisement de toutes les voies juridiques dans son pays, même s’il bénéfice de la double nationalité, a-t-il poursuivi. Djilani Dabbouci bénéficie de la double nationalité (tunisienne et française).

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