Aïda Ghram et Morsi Feki: Ces deux Tunisiens qui veulent faire revivre le patrimoine de l'archipel de Kerkennah

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KERKENNAH
Nico Tondini via Getty Images
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Développement durable, écologie, environnement, ces mots résonnent dans la nature, faisant l'écho d'un meilleur avenir pour la planète et les êtres qui la peuplent.

C'est dans cette vision qu'oeuvre Exploralis, ONG fondée en Tunisie, et ce à travers des projets qui portent sur les questions environnementales, mais également pour la sauvegarde du patrimoine.

Repérer, partager et inspirer sont les maitres mots, et c'est ainsi qu'on découvre à travers leur projet OB'EX (Les Observatoires d’Exploralis), 6 histoires inspirantes détectées dans les quatre-coins de la Tunisie.


L'histoire de Hayfa Chamkhi
, qui a choisi de s'installer dans la réserve naturelle de Bouhedma pour travailler sur sa thèse de doctorat, en est une.

Place à deux nouvelles expériences, aussi intéressantes et inspirantes, celles de Aïda Ghram et Morsi Feki, les 2 Kerkenniens, qui font revivre, chacun sa façon, le patrimoine de l'archipel qu'ils chérissent.

Un "tarf" pour sortir

De retour à Kerkennah, après avoir vécu à Tunis, Aïda Ghram cherchait, mais ne trouvait que très rarement, les pièces artisanales qu'elle voulait. Elle a donc décidé de créer sa propre association afin de promouvoir les richesses kerkeniennes.

"Je ne connaissais pas la vraie valeur de Kerkennah, je ne connaissais que les palmiers, la plage" se remémore-t-elle, "Depuis que je vis ici, j'ai découvert beaucoup de belles choses, mais qui sont en train de disparaitre."

Aïda parle ici de savoir-faire artisanal, "les gens aiment trouver des choses authentiques, mais les vieilles femmes sont fatiguées, il faut que les jeunes reprennent le flambeau."

'tarf', couffins, 'koufia', 'jebba', 'rtob', 'rob'... une île aux grandes richesses à préserver. Mais plus que tout, c'est le 'tarf' que Aïda veut sauver, une écharpe d'où déboulent des pompons, que les femmes de Kerkennah portaient toujours sur elles en sortant, soit sur les épaules, soit sur la tête.

La "charfia" revient en force

Morsi Feki, un autre habitant de Kerkennah, se consacre à la promotion de l'archipel, introduisant l'éco-tourisme comme moyen de mettre les richesses de l'île en avant. Pour cela, il a créé l'association Jeunes Science Kerkennah.

Le travail de l'association se concentre dans la région de Ouled Ezzeddine, une région qui "bénéficie d'un héritage culturel et naturel qu'on devrait préserver" indique Morsi Feki.

C'est à travers l'éco-tourisme qu'il espère faire reluire le patrimoine de Kerkennah.

Les visiteurs iront à la découverte des activités agricoles, de la culture à trois étages, des oasis et ce qu'ils abritent, et faire un tour en mer, afin d'interagir avec les pêcheurs et découvrir la méthode de pêche traditionnelle, à la 'charfia'. Au menu, du poisson tout frais sorti de la mer.

Pour concrétiser ses activités, l'association a collaboré avec le groupement agricole et les habitants de la région, afin d'organiser le festival de la charfia, où tout le monde a participé à l'installation d'une charfia, "ce fût une première!", s'exclame Morsi, heureux que le festival se renouvellera désormais tous les ans.

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