Des associations s'insurgent contre l'interdiction d'accès aux espaces publics

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CAMPAGNE - Elles dénoncent un embargo. Des associations militant pour les droits humains se sont réunies, ce jeudi à Rabat, pour crier leur colère. "Nous faisons l’objet de pressions pour ne pas organiser nos activités. On nous interdit l’accès aux salles ou structures appartenant à l’État pour tenir nos activités. Et quand il s’agit d’espaces appartenant à des particuliers, eux aussi sont forcés à nous interdire l’accès", déclare au HuffPost Maroc Mohamed Sadkou, le coordinateur du Réseau des associations victimes d’interdiction (RAVI). Réunissant 23 associations, ce dernier réagit par le lancement d’une campagne nationale et internationale contre la violation du droit d’organisation et de rassemblement. "Ce sera la première campagne du genre et elle durera plusieurs mois", indique ce responsable.

Au menu de la campagne

La campagne sera lancée le 10 juillet et se déroulera tout au long du reste de l’année. "Nous l’entamerons par des pétitions que nous ferons circuler auprès des organismes nationaux et internationaux, de syndicats, mais aussi d’individus intéressés et/ou sensibles à notre cause", explique le coordinateur du RAVI.

En plus de la pétition, la campagne a prévu un programme d’activités dans lequel figurent l’organisation d’un procès symbolique sur l’interdiction, ainsi que des sit-in et des journées d’étude. Un appel sera également lancé à "l’ensemble des forces démocratiques du monde pour soutenir les organismes et associations victimes de pression exercées par l’État marocain en matière d’organisation et de rassemblement". Le RAVI espère ainsi la naissance de plusieurs comités de solidarité pour constituer une "force de pression sur l’État".

Au cours de sa campagne, le RAVI prévoit, par ailleurs, d’adresser une demande à l’envoyé spécial onusien en charge de la question pour effectuer une visite au Maroc.

"La clôture de cette campagne sera marquée par une déclaration et la présentation d’un rapport évaluant toutes les exactions dont nous faisons l’objet auprès de l’Etat", précise Mohamed Sadkou. En attendant le rapport, ce responsable cite l’exemple de l’Association marocaine des droits humains (AMDH): "De juillet 2014 à mars 2017, l’AMDH s’est vue notifier 127 refus d’accès aux espaces publics. Ces notifications se font d’une manière directe ou indirecte. Parfois, on demande aux sections locales des récépissés de dépôt. Elles sont une soixantaine et elles ne peuvent pas toutes en disposer".

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