Tour du Maroc à la voile: les deux skippers bouclent leur défi en 24 jours

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Tour du Maroc à la voile 2017/Facebook
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VOILE - 24. C'est le nombre de jours qu'il aura fallu aux deux skippers marocains Mehdi Rouizem et Hicham Aachi pour boucler leur tour du Maroc à la voile.

Le 20 juin, les deux courageux skippers ont atteint leur objectif final, celui de boucler un tour du Maroc à la voile en moins d'un mois. 24 jours auront suffi aux deux navigateurs émérites pour relier le port de Saïdia à la baie de Dakhla. Et au bout de ces trois semaines, certains souvenirs risquent bien de marquer les esprits de Hicham et Mehdi.

Naviguer la nuit, une expérience féerique

Au cours de leur formidable épopée, les deux skippers ont été obligés de passer quelques nuits à la belle étoile, quand la plupart du temps ils dormaient sur la terre ferme. Et pour Mehdi Rouizem, les nuits passées en mer sont ses plus beaux souvenirs de ce tour du Maroc à la voile.

"La nuit en mer, c'est fantastique car il y a les étoiles dans le ciel, et dans l'eau, le plancton prend un aspect brillant. De plus, on est souvent le seul à la barre, pour permettre à l'autre de se reposer. Du coup, on se retrouve seul, dans le noir complet, et cela devient féerique de naviguer au milieu des étoiles. J'avais l'impression d'être le Capitaine Flam qui parcourt les galaxies! J'étais dans un état second" déclare Mehdi Rouizem au HuffPost Maroc.

Une situation plutôt étrange au large d'Essaouira

À l'approche d'Essaouira, les deux skippers savaient bien que le vent ici ne faisait pas de cadeaux. Il est tard dans la nuit lorsque la petite embarcation des deux passionnés repère un bateau d'une quarantaine de mètres, qui avance, doucement mais sûrement vers eux. Ils décident alors de changer de cap, rien n'y fait, le bateau continue à les suivre.

Au bout d'un moment, une fusée de détresse est tirée par ces étranges matelots nocturnes, puis une deuxième fusée éclaire le ciel. Dans la foulée, Mehdi et Hicham, qui commencent à sérieusement se poser des questions sur la bienfaisance de cet équipage, entendent un haut parleur, cela provenait du bateau.

Une voix leur disait de quitter au plus vite le périmètre et de rejoindre la côte. Mais, manquant d'un système de hauts-parleurs pour répondre à ces étranges marins nocturnes, Mehdi et Hicham décident de s'emparer de la radio dont ils sont équipés, pour répondre à leurs détracteurs via les ondes.

Une discussion est alors entamée, et la pression redescend petit à petit. Ce grand bateau d'une quarantaine de mètres de long était en fait en prospection de pétrole. Ils ont expliqué aux deux skippers que sous l'eau, un câble de 8km de long et 2km de large venait d'être déployé, et que leur petit voilier ne ferait pas le poids s'il venait à percuter ce câble.

Un conseil que Mehdi et Hicham vont prendre au pied de la lettre: ils changent totalement de cap et tentent de se rapprocher de la côte. Mais sur la côte d'Essaouira, le vent était trop fort, beaucoup trop fort. Les deux aventuriers se sont alors mis en tête que l'une des seules solutions de vaincre ce terrible vent, était de se mettre face à lui. Erreur fatale. En une fraction de seconde, et au beau milieu de la nuit, l'embarcation de Mehdi Rouizem et Hicham Aachi chavire totalement. "Le mât était dans l'eau. Le voilier était totalement retourné.

"Au final, plus de peur que de mal, nous avons su rester très calmes et Hicham et moi avons réussi à remettre notre embarcation droite sans trop de difficultés", confie Mehdi Rouizem. Un accident qui aurait pu finir en drame, mais qui, grâce au sang froid des deux coéquipiers, s'est conclu sur une belle frayeur. En revanche, ce qui ne reviendra pas, c'est le matériel qui a été cassé dans ce chavirage. Au total, le préjudice de cet épisode assez violent s'élève aux alentours de 5 ou 6.000 euros, selon Mehdi Rouizem.

Objectif: la création d'une frégate d'entreprises

Les deux skippers ont été agréablement surpris de voir que de nombreux sponsors allaient les soutenir pour leur épopée fantastique. Et au delà de ce soutien financier indispensable, il semblerait que beaucoup de leurs sponsors aient compris le message que veulent véhiculer ces deux amoureux du sport et de la nature.

"Lors de notre passage à Mohammedia, nos sponsors nous ont envoyé du personnel pour qu'on leur fasse découvrir notre passion. En général, nous nous arrêtons à chaque étape pour faire découvrir aux jeunes et aux moins jeunes les joies des sports de voile. Le jour où nous avons débarqué à Mohammedia, il y a avait de nombreux employés de nos différents sponsors qui se trouvaient là, à nous attendre. Ils n'étaient pas là pour parler business ou quoi que ce soit, ils étaient là parce que notre activité les intéressait". Un intérêt qui a donné l'idée aux deux skippers de tenter de développer la voile autour du monde de l'entreprise.

"Mon objectif, c'est que d'ici 2 ou 3 ans, on puisse organiser chaque été une régate des entreprises marocaines. L'occasion donc de réellement démocratiser ce sport et de faire découvrir les joies de la mer à de plus en plus de gens", déclare Mehdi Rouizem.

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