Que vont devenir les réfugiés syriens accueillis au Maroc?

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REFUGIES SYRIENS MAROC
Les 28 réfugiés syriens coincés entre le Maroc et l'Algérie ont été transportés en autocar à Bouarfa, le mardi 20 juin 2017. | Figuig Photographie
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INTERNATIONAL - Les 28 réfugiés syriens restés coincés pendant deux mois à la frontière maroco-algérienne commencent à voir le bout du tunnel. Mardi 20 juin, à l'occasion de la journée mondiale des réfugiés, le roi Mohammed VI a annoncé la prise en charge des 13 familles par le Maroc.

Selon nos informations, les 28 réfugiés ont été transportés, mardi soir, en autocar à Bouarfa, à 100 kilomètres de Figuig, où ils ont passé la nuit, logés à la mairie de la ville et accueillis par le gouverneur.

Mercredi matin, ils ont pu rencontrer les membres du collectif de Figuig et Bouarfa de soutien aux réfugiés syriens qui les a notamment aidés pendant les deux mois passés dans le désert, en leur apportant de la nourriture quand ils le pouvaient.

Actuellement en route pour Rabat, le groupe de Syriens devrait arriver ce soir dans la capitale, où ils seront reçus au siège du Conseil national des droits de l'Homme (CNDH) à 21h30.

Regroupement familial

Dès jeudi, ils devraient commencer à s'enregistrer auprès du bureau marocain du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR), à Rabat. "Le HCR a proposé au gouvernement marocain de participer à la prise en charge de ces réfugiés, et de trouver des solutions durables pour eux", explique au HuffPost Maroc Jean-Paul Cavaliéri, le représentant du HCR dans le royaume.

Certains d'entre eux, qui ont déjà de la famille au Maroc, devraient pouvoir bénéficier du regroupement familial. D'autres souhaitent rejoindre leur famille en Europe. "On va travailler avec les pays en question sur la base du principe de la réunification des familles", explique M. Cavaliéri.

En attendant, le HCR mettra en place son programme d'assistance pour les réfugiés en contribuant à leur hébergement à Rabat. "Le Maroc n'ayant pas de camp de réfugiés, nous avons des lieux destinés aux personnes vulnérables qui ont besoin d'un logement temporaire", ajoute le représentant onusien.

"Le suivi des réfugiés ne doit pas s'arrêter là"

De son côté, le directeur exécutif d'Amnesty International Maroc, Salah Abdellaoui, rappelle que le suivi des réfugiés ne doit pas s'arrêter là. "C'est vrai que nous sommes passés par une période critique, et l'initiative de les accueillir est louable. Mais il faut continuer le suivi, s'assurer qu'ils complètent leur dossier de demande d'asile et garantir leur droit à circuler, à la santé, à un logement digne, etc.", nous explique-t-il.

"Il faut aussi garantir que ceux qui souhaitent rejoindre leur famille en Europe puissent le faire", ajoute M. Abdellaoui. "Tout cela doit se faire dans le cadre du respect du droit d'asile, tel que stipulé dans la Convention de Genève de 1951, relative au statut des réfugiés, que le Maroc a ratifiée".

Les 28 Syriens faisaient partie d'un groupe de 41 Syriens arrivés mi-avril dans la zone tampon entre le Maroc et l'Algérie. Une partie d'entre eux a pu passer clandestinement au Maroc. Certains ont retrouvé des membres de leur famille ici. D'autres, dont une femme enceinte, Khaldia, ont traversé la frontière pour rejoindre l'enclave espagnole de Melilla.

Selon Zouhair Lahna, médecin humanitaire qui a suivi de près l'histoire de ces réfugiés, Khaldia devrait bientôt accoucher. Elle est prise en charge par les autorités espagnoles.

Près de 3.500 réfugiés syriens au Maroc

Les ressortissants syriens font partie du plus gros contingent de réfugiés au Maroc: 3.478 sont sous mandat du HCR. Après s'être enregistrés auprès du HCR, ils sont auditionnés par la commission interministérielle de régularisation, et reçoivent un récépissé des autorités marocaines qui confirme leur enregistrement et les protège du refoulement.

Le projet de loi sur le droit d'asile, en gestation depuis plusieurs années, n'a, cependant, toujours pas vu le jour au Maroc. Ils n'auront donc pas de statut définitif (protection temporaire, statut de réfugiés, etc.).

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