Sur la toile, les Algériens rejettent en masse le discours raciste à l'égard des réfugiés subsahariens

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De nombreux Algériens disent depuis mardi 20 juin 2017 leur profonde aversion et leur rejet des discours racistes sur les réseaux sociaux à l'égard des réfugiés et migrants subsahariens. Quelques jours après la propagation sur Facebook et Twitter de hashtags disant "non aux Africains en Algérie", les internautes ont exprimé leur solidarité avec les ressortissants, regrettant des discours "haineux", "stupides" et "honteux".

Ces internautes ont d'abord rappelé, non sans ironie, une évidence géographique et identitaire que beaucoup semblaient avoir omis: les Algériens ne sont pas asiatiques, européens ou sud-américains mais tout aussi africains.

Ils ont dénoncé des propos "que ni notre histoire ni notre religion ne peuvent tolérer", soulignant des comportements "hypocrites" de la part des initiateurs de ces hashtags.

Les hashtags de soutien aux ressortissants subsahariens se sont ainsi succédés par la suite sur les réseaux sociaux, de la part de nombreux internautes, citoyens, militants pour les droits de l'Homme, journalistes, universitaires ou étudiants.

Ils ont réitéré dans plusieurs hashtags, à l'occasion de la Journée mondiale des réfugiés notamment, que les ressortissants africains "étaient les bienvenus" et que "l'Algérie a toujours été leur terre d'accueil", en tant que réfugiés ou révolutionnaires contre le colonialisme.

A l'occasion de la célébration de la Journée mondiale des réfugiés et la Journée des réfugiés africains, la présidente du Conseil national des droits de l'homme (CNDH Fafa Benzerrouki affirmait ce mardi que l'Algérie accordait un "intérêt accru" à la question des réfugiés et au principe de non-refoulement de ceux qui se trouvent dans ses territoires.

Elle a mis l'accent sur l'importance qu'accorde l'Algérie à la question des réfugiés et son soutien à ces derniers par tous les moyens nécessaires, rappelant que des Algériens ont eux-mêmes connu ce phénomène durant la guerre de libération, puisque des milliers de ses enfants avaient vécu comme des réfugiés dans d'autres pays fuyant la barbarie du colonisateur français.

Mme. Benzerrouki a également appelé à "sensibiliser sur la situation des réfugiés, renforcer l'esprit de solidarité et de coopération auprès des Algériens avec cette catégorie, faire connaître leurs droits". Une campagne qui urge, à la lumière de certaines initiatives qualifiées de "scandaleuses".

Le ministre de l'Intérieur, des Collectivités locales et de l'Aménagement du territoire, Noureddine Bedoui, réitérait déjà lundi à Tipaza l'accueil cordial de l'Algérie aux réfugiés de différentes nationalités africaines ainsi que leur prise en charge dans le respect des droits humains et des chartes internationales.

Il a martelé que l’Algérie considère ces réfugiés, venant de pays en butte à des conditions difficiles, comme étant des invités qu’il faut prendre en charge au plan médical, social et psychologique, individuellement et en groupes.

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