Réfugiés syriens coincés près de Figuig: "Leur situation se détériore de jour en jour"

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Réfugiés syriens coincés près de Figuig: "Leur situation se détériore de jour en jour" | Figuig Photographie
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CRISE HUMANITAIRE - Plus de deux mois après leur arrivée, 28 Syriens dont des enfants sont toujours coincés dans le no man's land entre le Maroc et l'Algérie, près de Figuig, dans des conditions de vie très difficiles.

Alors que le monde célèbre ce mardi 20 juin la journée mondiale des réfugiés, l'affaire des Syriens coincés à la frontière maroco-algérienne a été évoquée lors d'une conférence de presse à Rabat avec le représentant du bureau marocain du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR), Jean-Paul Cavaliéri.

Selon le représentant onusien, "leur situation se détériore de jour en jour". "L'accès à l'eau, à la nourriture et aux médicaments est difficile", a-t-il indiqué. Seuls les habitants de Figuig et de la région peuvent, de temps à autre, apporter ces denrées vitales aux réfugiés.

"Nous travaillons avec le Maroc et l'Algérie pour trouver une solution à cette crise qui se déroule dans un contexte relativement délicat", a expliqué M. Cavaliéri, qui n'a pas souhaité rentrer "dans le détail des discussions" menées avec les deux pays. "Personnellement, je fais confiance au Maroc pour être le pays qui permettra de sortir de cette crise par le haut, de façon à la fois humaniste et pragmatique", a-t-il ajouté.

Alors que l'Algérie s'était officiellement dite prête à accueillir les réfugiés syriens, elle s'est ensuite rétractée, estimant que le Maroc n'avait pas laissé passer le groupe de réfugiés par le poste-frontière algérien, rappelle le représentant du bureau marocain du HCR. "Nous essayons de trouver une solution qui soit à la fois respectueuse des droits de l'Homme de ces réfugiés et en même temps qui soit soucieuse du droit légitime du Maroc de protéger ses frontières", a indiqué Jean-Paul Cavaliéri.

Un certain nombre d'entre eux auraient néanmoins réussi à passer du côté marocain, mais quelques uns, dont des mineurs, auraient été refoulés par les autorités marocaines et ramenés à leur point de départ. Interrogé sur ces cas, le responsable onusien n'a pas souhaité s'exprimer.

À ce jour, 7.048 personnes sont sous le mandat du HCR au Maroc. Parmi elles, 5.126 sont des réfugiés ou des personnes ayant besoin de protection internationale, et 1.922 sont des demandeurs d'asile. Les ressortissants syriens font partie du plus gros contingent de réfugiés au Maroc: 3.478 sont sous mandat du HCR.

Après s'être enregistrés auprès du HCR, les réfugiés syriens sont auditionnés par la commission de régularisation, et reçoivent un récépissé des autorités marocaines qui confirme leur enregistrement et les protège du refoulement, indique le HCR dans une note d'information.

Quant à leur statut définitif (protection temporaire, statut de réfugiés, etc.), le gouvernement marocain n'a pas encore pris de décision à ce sujet, rappelle le HCR. Le projet de loi sur le droit d'asile, en gestation depuis plusieurs années, n'a toujours pas vu le jour.

L'adoption d'un cadre législatif permettrait pourtant la mise en place d'un bureau marocain des réfugiés, en charge de l'ensemble de la procédure d'asile. Car pour l'heure, c'est le HCR qui recueille les demandes, qu'il transmet ensuite à une commission interministérielle chargée d'accorder le statut de réfugié aux demandeurs.

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