Une startup tunisienne de gaming lève 1,5 Millions de dinars, "une première" dans le secteur des jeux vidéos en Tunisie et au Maghreb

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Avec une enveloppe d'un million cinq cent mille dinars, la startup tunisienne Polysmart, spécialisée dans le développement des jeux vidéos, vient de réaliser un record dans le monde des jeux vidéos en Tunisie et au Maghreb.

"Plus qu’un financement, l’importance du montant accordé est une affirmation de confiance dans la capacité de toute l’équipe de Polysmart, à atteindre les objectifs espérés et par là ouvrir la voix du financement aux futurs projets dans le domaine du e-sport en Tunisie," a annoncé la startup dans un communiqué rendu public à la suite de la signature, lundi, du contrat avec "CDC Gestion", un fonds d’investissement privé, dans le cadre du lancement du jeu phare produit par le studio, le jeu "Veterans Online", sur le marché mondial.

Contactée par le HuffPost Tunisie, le CEO de Polysmart, Haroun Gharbi, a indiqué qu'il s'agit de la 4ème levée de fonds consécutive réalisée par sa société, créée en 2014. "Près de 4 millions de dinars ont été levés en tout" a-t-il précisé.

Revenant sur l'objectif de cette levée, Haroun Gharbi a fait savoir que sa startup envisage de développer ses activités en ouvrant deux antennes, une à Berlin et l'autre à Dubai. "La première à Berlin sera dédiée au développement du jeu et celle de Dubai assurera la distribution et le marketing du produit dans la région MENA" a-t-il expliqué.

Ces choix ne sont pas arbitraires, a mentionné Haroun. Il a noté que Dubai représente une véritable passerelle pour conquérir la région MENA et mieux développer les activités de sa startup. "À Dubai, on pourra faire de nouvelles levées de fonds. D'ailleurs, une levée via l'antenne du Dubai sera prévue" a-t-il annoncé.

Quant à sa décision stratégique d'ouvrir une antenne technique à Berlin, Haroun a expliqué que son entreprise trouve beaucoup de difficultés à attirer les développeurs étrangers à travailler en Tunisie. Faute de formation et de profils tunisiens adéquats, Polysmart se trouve parfois obligée d'attirer des pointures internationales dans le développement des jeux vidéos. Une tâche assez difficile puisque ces derniers refusent de travailler en Tunisie dans le contexte actuel. En effet, l'insécurité est l'un des problèmes majeurs qui inhibe toute volonté de ces développeurs étrangers de venir travailler en Tunisie.

Interrogé sur le secteur du gaming en Tunisie, le CEO de Polysmart a affiché son pessimisme. Il a argué que malgré la motivation des jeunes, ce secteur demeure limité en Tunisie. La formation, plus au moins basique, représente, à son tour, un obstacle entravant l'épanouissement du secteur, a-t-il estimé.

Haroun Gharbi a souligné, d'autre part, l'importance de ce secteur et de son rôle d'acteur pour dynamiser l'économie tunisienne en générant la devise. Il a ajouté que la Tunisie reste une destination attractive pour lancer des startups vu la différence accrue du coût de production entre les différents pays. Il a cité à titre d'exemple que le coût de production dans les pays européens pourrait représenter cinq fois celui de la Tunisie.

Pour lui, l'une des solutions capables d'améliorer le secteur est d'instaurer de nouvelles mesures et stratégies nationales visant à moderniser les moyens de paiement en ligne et d'instaurer la confiance. "Il faut que le paiement en ligne devienne un réflexe" a-t-il lancé.

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