Comment les recommandations du FMI peuvent-elles améliorer l'économie tunisienne ?

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Il y a quelques jours, le FMI a débloqué la deuxième tranche du prêt accordé à la Tunisie d'un montant de 314,4 millions de dollars (787 millions de dinars). A cette occasion, le Fonds a mis en exergue, dans un document publié sur son site, les réformes fiscales engagées par les autorités tunisiennes. En effet, neuf questions clés ont été abordées dans ce document par le FMI résumant son rôle et ses recommandations envers la Tunisie.

D'après le document, le programme du FMI qui vise à améliorer le fonctionnement de l'économie tunisienne est conditionné par des réformes que doit mener le gouvernement tunisien. Le FMI souligne la nécessité de réduire le déficit fiscal, stabiliser la dette publique sous la barre des 70% du PIB d'ici 2020, augmenter les investissements et les dépenses sociales et introduire davantage de flexibilité dans le système de change tout en contenant l'inflation en dessous de 4%.

Le FMI a expliqué, par ailleurs, que la mise en place d'une nouvelle direction des grandes entreprises qui s'emploiera à recouvrer des arriérés d’impôts et de droits de douane d’un montant qui représente 6 % du PIB permettra de parvenir à une plus grande équité fiscale

Quant à l'élargissement de l'assiette fiscale pour inclure les services des professions libérales et l'intention du gouvernement de supprimer progressivement un impôt temporaire sur les bénéfices des entreprises, ce sont des réformes qui, selon l'institution de Bretton Woods "auront pour effet de doper l'investissement et, partant, de créer des emplois et de relever les niveaux de vie à long terme".

Toutefois, a ajouté le Fonds, de telles réalisations nécessitent en outre la réduction de la masse salariale de la Tunisie qui pourrait se hisser à 15 % du PIB en 2018. "Elle représente environ 50 % de la totalité des dépenses publiques, réduisant l'espace budgétaire pour l'investissement public et les transferts sociaux alors qu'il est vital d'allouer davantage de ressources à ces domaines prioritaires de manière à pouvoir avancer durablement dans l'amélioration des niveaux de vie de tous les Tunisiens, la création d'emplois pour les jeunes et la protection des populations les plus vulnérables".

À ce titre et afin d'accomplir une croissance plus inclusive, le dernier rapport des services du FMI contient un chapitre qui analyse la protection sociale, les retraites et les services de santé, et en particulier les options qui permettront de rendre les politiques sociales plus justes et plus efficaces, par exemple en utilisant un identifiant social unique afin de mieux cibler l'aide en faveur des ménages vulnérables, précise l'Institution financière.

Revenant sur la dépréciation du dinar, le FMI a recommandé d'évoluer vers un régime de change plus flexible, qui permette au dinar de réagir au jeu de l'offre et de la demande de devises. Le niveau sans précédent des déficits de la balance des biens et des services souligne la nécessité d'une certaine dépréciation dans le temps, explique le fonds. "Il n'est toutefois pas nécessaire de procéder à  une correction brutale et nous n'en avons pas fait la demande. D'après nos estimations, actuellement le dinar n'est que légèrement surévalué aux alentours de 10 %," précise le document.

À rappeler qu'en mai 2016, le Conseil d'administration du FMI a approuvé un prêt d'un montant total de 2,9 milliards de dollars qui sera débloqué par tranches sur une période de 4 ans. Le taux d'intérêt applicable aux concours financiers du FMI à la Tunisie est actuellement de l'ordre de 2 % sur une base annuelle moyenne.

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