'Ifriqiyya Electrique' repense le Stambeli du sud tunisien et s'en va pour une tournée internationale

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IFRIQIYYA ELECTRIQUE
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CONCERT - Entre rituels de possession et musique d'ordinateur, la Banga de Sidi Marzoug fait peau neuve.
Guembri, tbal et qraqeb se joignent à la guitare, à la basse électrique et à la musique d'ordinateur et forment, ensemble, 'Ifriqiyya Electrique'.

Le groupe se forme quand Fran Tazubmac se rend au Sud de la Tunisie et assiste aux rituels de Sidi Marzoug, avec lui Gianne Greco et trois membres de la confrérie de Sidi Marzoug constituent 'Ifriqiyya Electrique': Tarek Sultan, Yahia Chouchen et Youssef Ghazala,

"Ce fut un coup de foudre. La Banga ne se "produisait" pas, ce n'était pas des concerts, mais de véritables cérémonies cathartiques et thérapeutiques", raconte le musicien au HuffPost Tunisie.

"Rûwâhîne" est l'album nouvellement sorti de 'Ifriqiyya Electrique', publié par la maison de disque Glitterbeat Records.

En 2016, 'Ifriqiyya Electrique' a fait le tour de la Tunisie, entre Hammamet, Tunis, kef, Sfax, Tataouine, Nefta ou encore Tozeur.

Cette année, 2017, à partir du 29 juin, c'est l'Europe qui les attend, Danemark, République tchèque, Portugal, Suède et probablement la France et la Pologne. Une tournée internationale, en Asie et en Amérique, est aussi prévue.

Le Stambeli de Sidi Marzoug, un rite adorciste afro-maghrébin qui s'ancre dans le patrimoine tunisien. Un patrimoine qui tient ses origines de l'Afrique sub-saharienne et qui se mélange à la culture arabo-musulmane. Les chants sacrés se mêlent aux sons des instruments pour inviter les esprits et créer l'exaltation telle qu'on peut la voir dans un concert de rock ou dans les festivals de musique électronique. Fran le souligne: "Musicalement, c'est très proche de la techno." Extatique, tout simplement.

Des rituels réédifiés

Fran voyage et avec lui la musique, aussi bien dans l'espace que dans le temps. C'est ainsi qu'il a fondé 'Trans-Aeolian Transmission', un projet, dont il a toujours rêvé: s'aventurer dans des cultures lointaines et collaborer avec des artistes locaux pour faire revivre leurs héritages imprenables.

Une première expérience l'emmène en Chine. Il réalise un premier road-movie/concert en Chine, un entrecroisement de musique et images qui propulsent les spectateurs dans ce monde néo-chamanique.

Durant l'été 2014, il est épris quand on l'introduit au Stambeli du Sud tunisien. Il renouvelle alors l'expérience et 'Trans-Aeolian Transmission' se maintient, toujours avec Gianna Greco, qui l'avait accompagné dans son aventure en Chine, mais cette fois, ce sont les trois membres de la confrérie de Sidi Marzoug, Tarek Sultan, Yahia Chouchen et Youssef Ghazala, qui se joignent à eux.

Le projet met un peu plus de deux ans à se finaliser "entre tournages, peut-être d'une centaine de rituels, fields-recordings, enregistrements multipistes, écriture et enregistrements des arrangements," explique Fran Tazubmac.

Le concert allie musique et images en vidéo des rituels de Sidi Marzoug auxquels il avait assisté, illustrant les trois étapes de la cérémonie: l'appel à la population pour avertir que le rituel va avoir lieu (chants et danses dans les rues, visites des maisons privées), appel aux esprits (chants et danses à la maison de la Banga), enfin arrivée des esprits, rapporte Fran.

"Ce que je recherche toujours, c'est de pouvoir m'élever grâce à la musique." s'exprime-t-il, car pour lui, c'est une musique thérapeutique, une musique de transe.

Avoir du recul, c'est comparer le Stambeli à la musicothérapie, pour dépasser tous les clichés que l'on peut coller aux visites rituelles et s'essayer à ce Stambeli psychanaliste, pour se chercher et se retrouver.

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