Un policier français est soupçonné d'avoir fourni "en sous-main" des fiches S au Maroc

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POLICE FRONTIERE FRANCE
Police nationale/Ministère de l'Intérieur
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POLICE - C'est une affaire qui pourrait bien mettre de l'eau dans le gaz des relations entre le Maroc et la France. Un capitaine français de la police aux frontières (PAF) aurait fourni des dizaines, voire centaines de fiches S, un document qui trace les personnes susceptibles d'atteinte à la sûreté de l'État, notamment en matière de terrorisme, aux services de renseignements marocains.

L'information a été révélée par le quotidien Libération et le magazine Le Point jeudi 15 juin. Selon Libération, "depuis deux semaines, le fonctionnaire dort en prison, placé en détention provisoire".

L'homme, qui travaillait à la PAF de l'aéroport d'Orly, près de Paris, est accusé de corruption pour avoir livré "en sous-main" depuis trois ans des informations classées "confidentiel défense" à un responsable de la société ICTS, une entreprise qui s'occupe de la sécurité et la sûreté aéroportuaire en France.

Ce dernier aurait ensuite transmis aux services secrets marocains ces informations. L'homme a lui aussi été incarcéré pour "corruption active" après avoir été placé en garde à vue.

Le capitaine de police se serait pour sa part fait offrir des voyages "tous frais payés" au Maroc en contrepartie des documents qu'il livrait.

C'est l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), la police des polices, qui mène l'enquête depuis plusieurs mois. Fin mai, elle a interpellé plusieurs fonctionnaires travaillant à la PAF, selon Le Point, avant de mettre la main sur le présumé coupable.

Contacté par le HuffPost Maroc, Boubker Sabik, commissaire principal à la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN), affirme que la DGSN n'est pas concernée par cette affaire. "Nous nous occupons uniquement de la sécurité sur le territoire national. Cela relève des services de renseignement extérieurs", explique-t-il.

Ni le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale (MAECI), ni le ministère de l'Intérieur et la Direction générale de la sécurité territoriale (DGST) n'ont pour l'instant réagi à cette affaire, révélée au lendemain de la visite du président français Emmanuel Macron au Maroc.

Entre février 2014 et janvier 2015, le Maroc et la France ont connu une brouille diplomatique suite à la convocation, par une juge française, du patron de la DGST-DGSN, accusé de "complicité de torture" par une ONG française. Le royaume avait rompu de manière unilatérale sa coopération judiciaire avec la France. Les relations s'étaient par la suite réchauffées, notamment avec la décoration de la Légion d’honneur de Abdellatif Hammouchi.

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