#B7al b7al: La nouvelle campagne digitale pour lutter contre les stéréotypes affublés aux migrants

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CEFA
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MIGRANTS - "Parce qu’au fond nous sommes tous des migrants et il n'y a que le lieu de naissance qui change". Comme une évidence que souhaitent rappeler les responsables de l'ONG CEFA à travers une campagne promouvoir l'intégration des migrants au Maroc. Lancée le 15 juin par l'ONG CEFA, dans le cadre du projet Opération Al Wassit, "Migrants #B7al b7Al" est une nouvelle campagne en ligne qui vise à "encourager la population au Maroc à réfléchir deux fois avant de coller des étiquettes négatives aux migrants", explique l'association dans un communiqué.

La campagne durera trois mois avec pour principal champs de bataille Facebook, et en particulier la page "B7al b7al". "La campagne visera surtout les réseaux sociaux, mais nous sommes également en train de prendre des accords avec quelques radios pour pouvoir faire passer des spots, explique au HuffPost Maroc Erika Ramanzini, chargée de projet Opération Al Wassit. "La participation à la campagne médiatique de portes-parole connus à l’échelle nationale et internationale pourra également permettre d’avoir de la visibilité sur des chaînes télévisées", précise-t-elle. Parmi ces personnalités, l’artiste musicien Malik Diop et la judokate Asmaa Niang.

Mettre à nue les discriminations du quotidien

La campagne veut souligner les discriminations dont peuvent souffrir les migrants au quotidien. "Nous partagerons des contenus audiovisuels qui racontent l’histoire de petits actes de discrimination quotidienne, comme le refus de prendre dans un taxi une personne d’origine subsaharienne, le comportement de parents à l’école qui ne veulent pas un ‘migrant’ dans la même classe que leurs enfants, etc...", explicite Erika Ramanzini. La chargée de projet insiste également sur le fait que cette campagne, en plus de vulgariser ces préjudices, souhaite aussi "proposer un changement positif, qui peut être promu par des actes individuels d’ouverture et de tolérance".

L'initiative vise également à changer l'opinion publique, qui peut parfois être très négative à l'égard des migrants. "La thématique migratoire prend toujours plus d'ampleur et le traitement médiatique porte souvent l’opinion publique à se faire des idées négatives sur les migrants", comme l'explique Erika Ramanzini. Cette dernière cite notamment en exemple ce fait divers à Fès, où un assassinat commis par un petit groupe de migrants subsahariens. "Tout de suite, une bonne partie de la population s'est positionné contre les migrants tout court", regrette Erika Ramanzini.

"Dans ce contexte, notre campagne vise à faire réfléchir les gens sur les étiquettes qu’on colle très souvent aux migrants, en les poussant à aller plus loin, à s’ouvrir aux personnes qu’ils ne connaissent pas pour pouvoir les aider dans leur parcours d’intégration", continue-t-elle.

La peur de l'autre

"Nous prenons en compte le fait qu’en général, la population marocaine n’est pas du tout raciste, au contraire", précise la chargée de projet. "Cependant, quand la peur de l’autre s’installe et que l'on commence à craindre de perdre notre culture, nos valeurs, notre mode de vie, il devient difficile de prendre de la distance", ajoute Erika Ramanzini pour souligner que les stéréotypes et "les généralisations deviennent très faciles".

"L’étranger devient tout de suite celui qui arrive au Maroc pour prendre notre travail, nos maisons, pour être servi par l’État avant nous. Nous voulons combattre cette peur en faisant comprendre aux gens que l’étranger est également une ressource et que son intégration va profiter aussi et surtout au Maroc".

Le projet Opération Al Wassit est financé par l'Union Européenne, mené par l'ONG CEFA en partenariat avec la Fondation Orient Occident, l'Association ASTICUDE et l'ONG Soleterre. Il s’inscrit dans la continuité avec la campagne "B7al b7al – Vivre
ensemble", menée par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) de septembre 2016 à mai 2017.

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