L'OCP conteste la décision de la cour sud-africaine dans l'affaire du cargo de phosphates

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L'OCP conteste la décision de la cour sud-africaine dans l'affaire du cargo de phosphates | Wiktor ubert
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JUSTICE - L'Office chérifien des phosphates (OCP) a contesté, jeudi, la décision de la cour sud-africaine d’envoyer le dossier de saisie de son cargo chargé de phosphates, le "NM Cherry Blossom", à un jugement sur le fond. "Cette décision est en contradiction totale avec le jugement de la Cour panaméenne qui, elle, s’est déclarée incompétente sur ce même sujet dont la nature est éminemment politique", a estimé l'OCP dans un communiqué.

Suite au recours intenté par le front Polisario, la cour de justice locale sud-africaine, "outrepassant ses compétences", a décidé de renvoyer le dossier, dans sa décision du 15 juin, à un procès sur le fond. "Le groupe OCP est consterné par cette décision qui prétexte la complexité d’un sujet relevant pourtant d’un processus international en cours", indique le groupe.

"Allégations fallacieuses"

L'OCP "réfute aussi "catégoriquement les allégations fallacieuses qui ont servi de fondement à ce jugement", et dénonce "les tentatives du front Polisario d’instrumentaliser des juridictions locales à des fins politiques et médiatiques", souligne la même source.

Le 1er mai, un juge sud-africain avait ordonné la saisie conservatoire d’un cargo en provenance de Phosboucraa au Maroc, qui transportait plus de 50.000 tonnes de phosphates à destination de la Nouvelle-Zélande. Il avait été arraisonné, le 4 mai, à Port Elizabeth en Afrique du Sud, suite à une requête adressée à la justice sud-africaine par le front Polisario, qui accusait l'OCP de transporter "des ressources sahraouies spoliées".

Bien qu’elle admette la "complexité" et le "caractère international" de la question, la justice sud-africaine "s’est arrogé une compétence juridictionnelle en contradiction avec les principes fondamentaux du droit international", estime l'OCP, sur "la seule base d’allégations politiques totalement infondées et motivées par l’activisme séparatiste d’une 'RASD' auto-proclamée, une entité non reconnue ni par les Nations Unies ni par la communauté internationale".

"Volonté de nuire"

Pour le géant marocain des phosphates, cette décision ne traite "ni du fond ni de la substance". "Elle interfère dans le cours du processus international conduit sous l’égide des Nations unies, contrairement à la décision de la Cour panaméenne rendue le 5 juin 2017 et qui, elle, avait statué sur son absence de compétence juridictionnelle à entendre le dossier sur le fond dans le respect du processus international en cours".

"En intentant une telle action au lendemain de la résolution du conseil de sécurité de l'ONU suite à l’appel du Secrétaire général à s’engager à la reprise de pourparlers de bonne foi et sans conditions préalables avec le soutien de la communauté internationale", le Polisario "démontre sa volonté de nuire au bon déroulement du processus (...) et au développement socio-économique de la région", conclut l'OCP.

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