La violation des droits des travailleurs est systématique en Tunisie selon un rapport de la confédération syndicale internationale

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QATAR CHANTIERS
AFP
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La Tunisie fait partie des pays où la violation des droits des travailleurs est systématique selon un rapport publié par la Confédération syndicale internationale (CSI), confédération de centrales syndicales nationales, dont chacune rassemble des syndicats dans son pays.

Sur une échelle de 1 à 5 en matière de violation des droits des travailleurs -1 représentant une violation sporadique des droits et 5 étant l'absence total de droit- la Tunisie obtient la note de 4, représentant une violation systématique des travailleurs, au même titre que l'Argentine, le Brésil, les États-Unis, la Jordanie, le Royaume-Uni et de nombreux pays africains.

Parmi les affaires retenues comme violation systématique des droits des travailleurs en Tunisie selon CSI figure l'affaire Walid Zarrouk, "leader du syndicat de la police incarcéré pour diffamation", mais également la répression des mouvements sociaux principalement ceux de Kasserine.

Pour les pays classés dans la catégorie 4, "les travailleuses et les travailleurs (...) ont signalé des violations systématiques. Les pouvoirs publics et/ou les entreprises s’efforcent vigoureusement de faire taire la voix collective des travailleurs, ce qui menace constamment les droits fondamentaux de ces derniers" indique le rapport.

Au Maghreb, le Maroc est classé dans la catégorie 3 où les violations des droits est régulière. L'Algérie est pour sa part placée dans la catégorie 5 où "les droits ne sont pas garantis"

Selon le rapport la région MENA est la pire région au monde en matière des droits des travailleurs, et où la note moyenne est de 4,5 à cause "des conflits et à un effondrement de l’État de droit, notamment en Palestine, en Syrie, en Irak et en Libye, de sorte qu’aucune garantie des droits fondamentaux au travail n’est possible".

"Le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord restent des zones dangereuses pour les syndicalistes en termes de violence, d’arrestations arbitraires et de détentions injustifiées. Une fois de plus, il s’agit de la pire région au monde pour les travailleuses et les travailleurs. Dans de nombreux pays de la région, le simple fait d’être un syndicaliste rend impossible l’exercice de liberté syndicale dans la pratique" note le rapport.

rgr

Afin de parvenir à son classement, la CSI "recense et documente les violations des droits collectifs du travail internationalement reconnus, commises par des gouvernements ou des employeurs. Nous envoyons un questionnaire à 340 syndicats nationaux de
163 pays et leur demandons de notifier toutes les violations des droits des travailleurs, en indiquant tous les détails nécessaires".

Top 10 des pires pays pour les travailleurs

Selon cette étude le Qatar, les Émirats arabes unis, l'Égypte, les Philippines, la Colombie, le Kazakhstan, la Corée du sud, la Turquie, le Bangladesh et le Guatemala sont les pays qui protègent le moins les travailleuses et les travailleurs.

La situation au Qatar est inquiétante selon la CSI: "Toute la main-d’œuvre migrante, soit plus de deux millions de travailleurs,
est toujours exclue des droits à la liberté syndicale et à la négociation collective, et que les syndicats sont toujours interdits" note le rapport.

Idem aux Émirats Arabes Unis où "les droits à la liberté syndicale et à la négociation collective continuent d’être refusés à tous les travailleurs des Émirats arabes unis, mais cela concerne surtout les travailleurs migrants qui forment environ 90% de la main-d’œuvre".

Dans les autres pays, de nombreux évènements ont fait peser une grande pression sur les syndicalistes. Assassinats, tribunaux militaires, ou menaces sont leur lot quotidien.

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