Pour 20% des Tunisiens, les lois doivent se baser exclusivement sur les textes islamiques selon un sondage

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Selon une enquête menée du 19 au 26 avril 2017, et publiée il y a quelques jours par l'International Republican Institute (IRI), 83% des Tunisiens estiment que le pays va dans la mauvaise direction, contre seulement 13% qui pensent le contraire. Ce chiffre a nettement évolué d'après le graphique où il atteignait un niveau de 72 % en décembre dernier et seulement 48% en février 2014. Le nombre de personnes interrogées qui pensent que la Tunisie va dans la bonne direction est passé de 25 % en mai 2016 à 13% lors de la dernière enquête.

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La majorité écrasante (89%) des interviewés ont décrit la situation économique en Tunisie comme étant "mauvaise" ou "très mauvaise" en manifestant leur craintes pour l'avenir du pays. Ils ont rapporté que les problèmes majeurs du pays se focalise autour du chômage (44%), de la crise économique (30%) et de la corruption (7%). Ils ont, par ailleurs, souligné la nécessité de traiter en premier lieu les problèmes liés à l'économie (46%), à l'infrastructures (13%) et à l'environnement (13%).

Interrogés sur la principale priorité du gouvernement, les interviewés ont estimé qu'elle devrait être le chômage (34%), suivie par l'amélioration du niveau de vie (17%) et les réformes économiques (13%). Quant à la meilleure façon d’améliorer l’économie, 40% ont cité la lutte contre la corruption, 19% ont pensé à promouvoir et encourager l'investissement des petits projets, et 9% sont pour la réduction des dépenses gouvernementales jugées inutiles.

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Que pensent les Tunisiens du gouvernement actuel?

L’insatisfaction à l’égard du gouvernement est plus élevée que jamais, 68% des personnes interrogées décrivant la performance du gouvernement comme "très mauvaise" ou "plutôt mauvaise" (respectivement 41% et 27%).

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La majorité (65%) trouvent que le gouvernement ne fait pas assez d'efforts pour créer de nouveaux emplois. Par contre, 61% des interrogés sont satisfaits du rendement du gouvernement en ce qui concerne la lutte contre le terrorisme. Concernant la corruption, 34% des interrogés estiment que le gouvernement est en train de combattre ce fléau convenablement, contre 63% qui pensent le contraire. (Pour rappel l''étude a été réalisée avant l'arrestation de plusieurs hommes d'affaires soupçonnés de corruption).

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D'après cette enquête, 66% des Tunisiens jugent que les ministres et les députés ne font rien ou pas assez pour répondre aux besoins des citoyens.

Concernant le média auquel se réfèrent les Tunisiens pour s'informer des nouvelles du gouvernement, le sondage montre que 65% ont recours à la télévision, 36% Facebook et 23% pour les radios.

Que pensent les Tunisiens des figures et partis politiques?

Interrogés sur la confiance accordée aux leaders et partis politiques, 31% des Tunisiens ont déclaré qu’ils font confiance au président de la République Béji Caid Essebsi contre 52% qui ne lui font pas confiance.

En ce qui concerne le chef du gouvernement Youssef Chahed, 31% des interrogés ont un avis favorable sur ce dernier tandis que 44% affichent un avis totalement défavorable.

Quant à Rached Ghannouchi, 17% des interrogés ont un avis favorable sur lui contre 66% qui ne lui font pas du tout confiance. Pour Hafedh Caid Essebsi, seulement 6% sont favorables tandis que 67% ont un avis totalement défavorable.

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Pour ce qui est des partis politiques, 28% des Tunisiens ont déclaré faire confiance à Nidaa Tounes, 19 % au mouvement Ennahdha.

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Quelle confiance accordent les Tunisiens à l'Armée, à la police et à la garde nationale?

Selon cette étude, 87% des Tunisiens font confiance à leur armée alors que 3% ne lui font pas du tout confiance, et 53% d’entre eux accordent leur confiance à la police contre 16% qui ne font pas du tout confiance.

Pour ce qui est de la garde nationale, 61% des répondants ont déclaré lui faire confiance. À contrario 10% ne lui font pas du tout confiance.

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Que pensent les Tunisiens de la corruption?

Selon ce sondage, la majorité de interrogés (36%) ont révélé que le type de corruption le plus répandu en Tunisie est le vol et la mauvaise gestion des fonds.

D'autres ont cité le recours aux pots-de-vin (28%), le fait de privilégier l'intérêt personnel au détriment de l'intérêt public (19%) et la prise de décisions en fonction d'une intercession et de "connaissances" au lieu "de compétences" (9%).

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Quelle place pour la religion?

La majorité des interviewés (32%) ont noté que les principes de l'Islam devraient être pris en considération dans la législation, mais pas de façon exclusive. Ce chiffre a baissé depuis décembre dernier où il atteignait un plus haut de 44 %. Seulement 17% d'entre eux pensent que les opinions religieuses ne devraient pas constituer une source de justification pour une politique ou une loi contre 20% qui trouvent que les textes islamiques devraient constituer les fondements de toutes les politiques et législations en Tunisie.

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Interrogé sur leur avis quant à ceux qui participent aux conflits violents dans d'autres pays musulmans, 81% des interrogés estiment que les Tunisiens devraient rester en dehors de ces affaires et préfèrent ne pas se mêler aux conflits d'autres pays arabes. Ils expliquent que la Tunisie a besoin de ses citoyens (21%) et a déjà ses propres problèmes (12%).

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Méthodologie de l’étude

Cette enquête a été menée pour le compte du Centre de l’IRI pour les sondages par la société de recherche marketing Elka Consulting, gérée par des Tunisiens, sous la supervision de Chesapeake Beach Consulting. Les données ont été recueillies entre le 19 et le 26 avril 2017 par le biais d’entretiens en face-à-face. L’échantillon se composait de 1.229 Tunisiens âgés de 18 ans et plus. La marge d’erreur globale est de plus ou moins 2,85% au milieu de l’intervalle de confiance à 95%.

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