Une filière turque pour les grands malades algériens se met doucement en place

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ANADOULOU MEDICAL CENTER ALGERIE
Facebook/Anadoulou Medical Center Algerie
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Face aux difficultés d’accès aux soins, aller à l’étranger pour les grands malades allez à l’étranger est devenu une nécessité. La Turquie, dans une relative discrétion, est devenue une destination pour de nombreux cancéreux ou des malades nécessitant une transplantation d’organes.

Dans cette filière turque, l’Anadolu Medical Center d’Istanbul est l’une des principales destinations pour les demandeurs de soins algériens. Il a fait doucement mais surement sa réputation en Algérie dans ce qui est communément appelé "tourisme médical".

Au cours des dix dernières années, plus de 2000 patients algériens sont passés par les différents services de l’Anadolu Medical Center. Selon ses responsables, le nombre de patients algériens accueillis par le centre augmente chaque année de 30 à 40%.

Le centre d’une superficie de 50.000 m2 assure toutes les spécialités médicales. Mais la demande des Algériens est largement dominée par l’oncologie et la cardiologie. L’Anadolu Medical Center qui a entrepris de se faire connaître des Algériens – une page Facebook Algérie a été créée - accueille des patients venus d’une soixantaine de pays.

Beaucoup viennent de pays d’Europe de l’Est dont les citoyens profitent des avantages de la carte européenne d’assurance maladie qui permet une prise en charge à l’étranger.

Pour l’Algérie, l’Anadolu Médical Center a signé une seule convention avec l’hôpital militaire d’Ain Naadja sur la base de laquelle le chef de département cardio-vasculaire d’Anadolu se déplace en Algérie pour opérer des enfants souffrant de pathologies cardiaques.

Par leurs propres moyens

Mais en l’absence d’une convention entre la CNAS et les hôpitaux, les patients algériens y vont par leurs propres moyens. Les plus démunis sont aidés par des associations. Des parents en arrivent parfois à vendre leurs biens pour permettre à un malade d’aller se soigner en Turquie.

Les couts des soins sont très élevés mais ils restent très largement inférieurs à ceux pratiqués en France. Une greffe d’organe coute en moyenne dans les 65000 euros en Turquie contre 350.000 euros en France ou dans d’autres pays européens.

Des Algériens rencontrés sur place nous ont expliqué qu’ils ont choisi d’aller en Turquie en raison des «moyens» dont ils disposent et la qualité des soins prodigués. Un autre élément favorise ce choix turc : la facilité d’obtention du visa.

Les Algériens qui arrivent dans les hôpitaux turcs sont malheureusement souvent à des stades avancés de la maladie et certains gardent une vive rancœur à l’égard du système médical national. Un sexagénaire résidant à Bouzareah (Alger) nous explique qu’il s’est retrouvé avec des complications en raison d’erreur de diagnostic.

En 2014, il est atteint d’une tuberculose et, explique-t-il, elle a été parfaitement bien traitée au CHU de Béni6 Messous. Une année plus tard, il a commencé à ressentir une douleur au niveau du thorax accompagnant une toux gênante. Il a consulté des pneumologues dans le privé et le secteur public et tous évoquant une simple bronchite. Son cas était plus grave puisque, dit-il, il a trainé une "tumeur pendant deux ans".

Rancoeur

Sa rancœur à l’égard du corps médical algérien est grande : "aucun n’a pris la peine d’examiner sérieusement mes bilans médicaux et mes radios" et c’est en définitive "un simple médecin de garde" qui a pu voir ce que les "spécialistes n’ont pas vu".

Ce médecin de garde lui a recommandé un scanner et une biopsie. Il a tenté de faire son scanner à Tizi-Ouzou où un des rares Pet-Scan était disponible mais il n’a pu le faire en raison d’une indisponibilité de charge de l’entretien. Il a été finalement aidé par des amis et des proches qui l’ont envoyé à l’Anadolu Center où il avait la possibilité de « faire le scanner et d’avoir les résultats en 48 heures ».

Malgré des séances de chimiothérapie, la prise en charge tardive n’a pas empêché l’aggravation de son cas. Le "cancer a atteint la tête" dit-il.

Il y a des histoires plus heureuses. Comme le cas de la petite Ines, née avec la partie arrière des narines fermées. Elle a fait 10 interventions chirurgicales entre l’Algérie et la Tunisie dont la première 3 jours après sa naissance.

Face à l’aggravation de la situation du bébé de huit mois, on a conseillé au père de l’emmener en Turquie. Sans l’aide de la sécurité sociale, il a fait ses propres recherches et a jeté son dévolu sur l’Anadolu Medical center.

"Sur le site de Anadolu Médical Center, j’ai pu distinguer les qualifications et l’expertise des docteurs, aussi l’affiliation avec l’hôpital américain Johns Hopkins et les accréditations internationales accordées à ce centre" explique-t-il.

Traitée à Anadolu Médical Center d’Istanbul par le docteur Mustafa kaskayas spécialiste en O.R.L, Ines a aujourd’hui 18 mois et peut respirer normalement. "Ma fille a fait sa 11ème chirurgie ici, il y a quelques mois, elle se porte très bien, nous sommes venu pour un contrôle" explique-t-il.

Selon Amel Bouhadjar Goyildar, spécialiste du service International à Anadolu, service d’oncologie pédiatrique et le service de chirurgie cardiovasculaire reçoivent de plus en plus d’enfants algériens.

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