Al Hoceima: Le gouvernement promet qu'il n'y aura plus de pénurie d'eau jusqu'en 2035

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HOCEIMA
A view shows Al-Hoceima harbour on the Mediterranean coast in Morocco May 31, 2017. Protesters are expected to demonstrate Wednesday night in Morocco's northern town of Al-Hoceima, where a fishmonger was crushed to death inside a garbage truck in October 2016 as he tried to retrieve fish confiscated by police. REUTERS/Youssef Boudlal | Youssef Boudlal / Reuters
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EAU POTABLE - Plus de crise de l’eau à Al Hoceima jusqu’en 2035. Le gouvernement en a fait la promesse, hier à Al Hoceima, à l’occasion d’une réunion tenue par une délégation conduite par le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, avec les responsables locaux, notamment Ilyas El Omari et Mohamed El Yaacoubi, respectivement président et wali de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima.

Composé de Charafat Afailal, secrétaire d’État chargée de l’Eau, Abdelkader Amara, ministre de l’Équipement, et Ali Fassi Fihri, directeur général de l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE), cette délégation a consacré l’ordre du jour de sa réunion au traitement de la question de l’eau. Et pour cause, la province connaît une pénurie en ressources hydriques dont l’impact se fait le plus sentir au cours de l’été.

La délégation a donc fait le point sur l’état d’avancement des chantiers de renforcement des infrastructures hydriques, qui font partie du programme "Al Hoceima, Manarat Al Moutawassit", dont l’enveloppe globale est de 6,5 milliards de dirhams.

Al Hoceima, Chaouen et les autres

"Trop technique", aux yeux du président de la région, Ilyas El Omari déclare au HuffPost Maroc qu’il a profité de cette réunion pour attirer l’attention de la délégation sur le problème que représente l’accès à l’eau potable dans toute la région. "Je suis intervenu pour rappeler que non seulement Al Hoceima, mais aussi d’autres provinces de la région, n’ont pas encore accès à l’eau potable", dit-il. Et de préciser que plusieurs douars à Al Hoceima, notamment dans les cercles de Targuist et Bni Ouriaghel, ont un besoin hydrique urgent. "À Chaouen, la situation est plus alarmante qu’à Al Hoceima. 50% de la population de la ville n’a pas accès à l’eau potable, soit environ 200.000 personnes", souligne-t-il.

El Omari garde, d'ailleurs, un souvenir amer de l’été dernier. Il confie que les habitants de la région ont énormément souffert de la pénurie d’eau accentuée par la sécheresse à Ouazzane et Chaouen. "Plusieurs habitants de la région se sont plaints de cette situation, l’an dernier", se souvient le président de la région.

Pour lui, l’origine de cette situation réside aussi dans l’incapacité financière dont souffrent la région et ses composantes locales au niveau des communes. "Le transfert des attributions aux régions n’a pas encore été fait. (...) Nous recevons du gouvernement un pourcentage des impôts d’une valeur de 400 à 450 millions de dirhams par an", indique-t-il, soulignant qu’à la prochaine session du conseil régional, en juillet, il est prévu que la région s'implique mieux et plus dans l'approvisionnement en eau et électricité en accordant un soutien financier aux communes.

Le point sur les chantiers en cours à Al Hoceima

Les chantiers visant le renforcement des infrastructures hydriques à Al Hoceima comprennent la création d’une station de dessalement de l’eau de mer et l’approvisionnement des communes et douars relevant de la province d’Al Hoceima à partir des barrages d’Asseflou, Bouhouda et Bouassem. Il est également prévu de procéder au renouvellement et à l’extension des réseaux d’eau potable et d’électricité au niveau des villes d’Al Hoceima, Ajdir, Imzzouren, Beni Bouayach et Targuist.

La délégation gouvernementale a souligné sa conviction du caractère vital que représentent ces chantiers pour Al Hoceima. La construction du barrage de Oued Ghiss, d'un coût de 1,3 milliard de dirhams, représente une pièce maîtresse. D’une capacité de 93 millions m3, il devra assurer la généralisation de l’accès à l’eau potable et à l’irrigation.

La secrétaire d’Etat Charafat Afailal a indiqué, dans une déclaration à la presse rapportée par la MAP, que "ce barrage permettra de renforcer l’infrastructure hydraulique et de couvrir les besoins de la province en matière d’eau potable". Et de préciser, selon la même source, que "les travaux de réalisation du barrage Oued Ghiss, initialement programmés pour la période 2021-2024, ont été avancés de cinq ans et ont démarré au début de cette année".

Quant à la station de dessalement de l’eau de mer, d’un débit de 200 litres par secondes, Afailal a affirmé, ajoute la même source, que "cette structure permettra de combler le déficit constaté au niveau de la province en la matière, en attendant la fin des travaux du barrage Oued Ghiss".

Sur la liste des chantiers, figure aussi le désenvasement (nettoyage) du barrage Mohamed Ben Abdelkrim Al Khattabi d’une capacité de 20 millions m3. L’opération se fera selon une technologie de pointe jamais encore utilisée au Maroc.

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