Casablanca veut réduire de moitié les pigeons de la place Mohammed V

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AMÉNAGEMENT - Casablanca ne veut plus de ses pigeons ou du moins, plus autant. Les habitués de la place Mohammed V et de ses abords ont dû s'en apercevoir. Depuis dimanche, une opération de dépigeonnisation est menée sur les lieux par la société de développement local (SDL) Casa Aménagement. Une opération qui ne plaît pas à tout le monde.

"Les pigeons appartiennent aux citoyens et au peuple. Ne les emmenez pas, vous n'avez pas le droit. Dites aux responsables que les photographes ont un problème avec ça", déplore un photographe habitué des lieux dans une vidéo publiée ce lundi par le journal arabophone Hespress.

Des sacs en plastique?

"Ils ramassent les pigeons en les attirant dans des filets et les mettent dans des sacs en plastique qui sont embarqués ensuite dans une voiture rouge", poursuit-il, assurant détenir les "preuves en images" des scènes de ramassage.

Dans une autre vidéo filmée par Hespress (dont le HuffPost détient une copie), on voit quelques personnes libérer plusieurs pigeons d'un enclos posé sur la place Mohammed V. En revanche, nous n'avons pas vu les images éventuelles des sacs en plastique "remplis de pigeons" comme l'atteste le même journal.

Le principal concerné, à savoir Casa Aménagement, a démenti l'information. "Il n'est pas question de mettre les pigeons dans des sacs en plastique. C'est une fausse polémique créée par les photographes (ndlr, habitués de la place). La capture des pigeons se fait dans les règles de l'art", assure Driss Moulay Rachid, directeur général de la SDL, contacté ce matin par le HuffPost Maroc.

"Les engins ont commencé les travaux de terrassement et les pigeons sont toujours là. On aurait pu ne pas s'en soucier parce que techniquement ils n'empêchent pas les travaux. Mais nous avons décidé de les transférer ailleurs pour éviter de les écraser pendant les travaux".

C'est Casa Aménagement qui est, en effet, chargée du projet de construction du Grand Théâtre de Casablanca, dont les travaux de chantier ont démarré en octobre 2014 pour une livraison prévue en décembre 2017. Le projet prévoit, entre autres, la suppression de la fontaine emblématique de cette place, célèbre pour le nombre de pigeons qu'elle attire depuis plusieurs années, pour laisser place à une esplanade.

De l'autre côté de l'avenue, en face du siège de la Wilaya de Casablanca, une autre fontaine toute neuve, aux allures plus sophistiquées, a récemment été inaugurée. À en croire Casa Aménagement, les pigeons n'y sont pas les bienvenus.

Objectif: 2.000 pigeons

"Si au moins ils n'étaient pas plus de 1.000, ce serait gérable. Aujourd'hui, le nombre de pigeons qui viennent sur cette fontaine est estimé à 4.000. L'objectif est de réduire ce chiffre de moitié", explique le responsable de Casa Aménagement.

Pour Driss Moulay Rachid, ces oiseaux sont synonymes de "nuisance" sur le plan sanitaire. "Leurs excréments sont très acides, ce qui peut endommager les murs. Il y a aussi le risque de maladies qu'ils peuvent transmettre", explique-t-il. Selon lui, la société chargée de leur déplacement place ces oiseaux dans des "enclos contenant des graines à l'intérieur. Elle les libère ensuite dans des forêts de la périphérie de Casablanca, comme celle de Bouskoura".

L'opération de "transfert" devrait durer une vingtaine de jours avec en moyenne "80 à 100 pigeons déplacés par jour".

Le Grand théâtre de Casablanca doit ouvrir ses portes fin 2017. Une enveloppe de 1,44 milliard de dirhams est consacrée au projet co-financé par la Direction générale des collectivités locales (480 millions de dirhams), le Fonds Hassan II pour le développement économique et social (400 millions de dirhams), le budget général de l'État (280 millions de dirhams), la Commune de Casablanca 180 millions de dirhams) et le Conseil régional de Casablanca (100 millions de dirhams).

Le futur théâtre a été conçu conjointement par l’architecte et urbaniste français Christian de Portzamparc et l’architecte marocain Rachid El Andaloussi.

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