Bac 2017: les réseaux sociaux (encore) bloqués, des fuites selon des syndicats, Benghabrit dément

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Seulement 761.700 élèves environ passent cette semaine les épreuves du baccalauréat mais près de 27 millions d'abonnés à la 3G et à la 4G sont privés du réseau Internet mobile. Les systèmes de vidéosurveillance et les appareils de brouillage des téléphones mobiles mobilisés pour ces examens ne semblent pas suffire au ministère de l'Education nationale pour se décontracter et prévenir efficacement de la "fraude". Les internautes algériens ont une nouvelle fois été privés de réseaux sociaux ce dimanche 11 juin 2017. Le VPN est là, encore une fois ... Heureusement, se disent-ils, malgré certaines fuites après l'ouverture des enveloppes.

Les abonnés 3G et 4G aux trois opérateurs de téléphonie mobile, Djezzy, Mobilis et Ooredoo n'ont pas cessé de se plaindre hier sur les réseaux sociaux. Ils commençaient tôt dans la journée par s'interroger sur une probable généralisation de perturbations, expliquant ne plus avoir accès à Facebook, Messenger, Twitter ou WhatApp, entre autres.

Si les causes de ces perturbations étaient visiblement inconnues pour certains, les internautes les plus avertis n'ont pas perdu de temps, recourant directement à des réseaux privés virtuels (VPN).

Sur des groupes Facebook de technologies, de high-tech, de téléphonie mobile ou autres, les premières interrogations des victimes ont rapidement été clarifiées. Les accès aux réseaux sociaux via Internet mobile "ont été coupés" pour "éviter la fuite de sujets" durant les examens de baccalauréat.

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Les internautes, non sans colère, étaient ainsi invités à recourir aux réseaux privés virtuels pour continuer à surfer sur Facebook, discuter via VoIP ou tweeter. Ces systèmes leur permettent de surfer sur Internet en tout anonymat, en contournant les blocages locaux grâce à des proxies.

Les utilisateurs des VPN se connecteront ainsi à un serveur localisé à l’étranger, pour avoir, grâces à des adresses IP étrangères, l’accès aux sites bloqués par leurs fournisseurs d’accès à Internet, Algérie Télécom dans le cas des Algériens.

Des sujets fuités

Certains internautes s'interrogeaient plutôt comment et pourquoi les autorités (et Algérie Télécom) privent des millions d'abonnés de connexion Internet "au lieu de trouver une solution efficace contre la fraude et la fuite de sujets" d'examens qui concernent environ 761.700 candidats.

Ils ont alors exigé sur Facebook de se faire indemniser les heures d'abonnements perdues, durant lesquelles ils n'ont pas pu se connecter à Internet mobile. Ils ont accusé les opérateurs de "réaliser des profits et gains illicites".

Les interrogations sont d'autant plus justifiées puisque même Algérie Télécom devrait subir de grosses pertes financières. Selon un bilan de la coupure du câble sous-marin de fibre optique Annaba-Marseille en octobre 2015, établi par la ministre de Poste et des TIC, Mme Imane-Houda Feraoun, le fournisseur national d’Internet devrait perdre pas moins de 100 millions de dinars pour une journée sans connexion.

Malgré toutes ces mesures, des sujets ont fuité ce dimanche, selon des syndicats, cités par plusieurs médias. Quelques minutes après l'ouverture des enveloppes, les sujets ont été publiés sur les réseaux sociaux, affirment-ils.

Les mêmes syndicats ont précisé que ces fuites ne sont pas massives mais disent tout de même craindre ce lundi un scénario semblable à l'édition 2016. Ils ont rappelé que les fuites massives enregistrées l'année dernière avaient commencé au deuxième jour des épreuves.

Ils ont également dit regretter que la tutelle "ne puisse toujours pas empêcher cette fraude malgré toutes les dispositions adoptées".

Une information démentie par la ministre de l'Education nationale, Nouria Benghabrit, qui a affirmé à Guelma que les épreuves du Baccalauréat 2017 ont démarré dans "d’excellentes conditions", sans "aucune fuite de sujets"‘.

Elle a fait état d’informations relatives à la diffusion par certains individus de sujets après 15 minutes du début des épreuves, assurant qu’il faut faire une nette distinction entre "fuite et diffusion" et une telle diffusion "ne peut point être assimilée à une fuite", a-t-elle dit.

Affirmant "qu’une enquête approfondie sur l’origine de cette diffusion sera néanmoins menée", la ministre a indiqué que "la justice demeure la seule partie habilitée à se prononcer sur pareilles situations".

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