Hirak: Entre incitations et boycott, la marche de dimanche divise

Publication: Mis à jour:
AL HOCEIMA
Youssef Boudlal / Reuters
Imprimer

HIRAK - La marche de protestation nationale prévue dimanche 11 juin, à la place Bab El Had à Rabat, pour appeler à la libération des activistes du Hirak fait polémique. Si divers acteurs et organisations associatifs et politiques ont appelé leurs militants et sympathisants à participer, plusieurs partis politiques invitent au boycott.

La marche, organisée sous le signe "Un peuple uni, une patrie unie, contre la hogra (ndrl, répression)", vient en réponse aux récentes arrestations liées aux évènements qui secouent Al Hoceima depuis octobre 2016. Elle se veut également un signe de soutien aux revendications socio-économiques de la région du Rif.

Dans un communiqué diffusé mardi 6 juin, l'organisation islamiste Al Adl Wa Al Ihsan a appelé ses fidèles à "protester contre la violence utilisée par l’Etat pour mettre fin aux revendications légitimes des manifestants".

Mohamed Abbadi, leader de la Jamaâ, lui-même originaire de la région d'Al Hoceima, n'a pas hésité à publier une vidéo dans laquelle il accuse un régime marocain "despotique". Le successeur de Cheikh Yassine y dénonce également une "prédation économique" et un "asservissement de la classe politique".

Plusieurs des partis politiques de la gauche ont publié de leur côté des communiqués de soutien à la manifestation. Parmi eux, il y a la Fédération de la gauche démocratique (FGD) de Nabila Mounib et le Parti libéral marocain dont le coordinateur national n’est autre que Mohamed Ziane, l'avocat de Nasser Zefzafi. Le mouvement Anfass démocratique et Annahj Addimocrati (la voix démocratique) seront aussi présents.

Des représentants de la gauche radicale comme le Parti de l'avant-garde démocratique et socialiste (PADS) et le Parti socialiste unifié (PSU) seront également de la partie.

L'Istiqlal et l'USFP boycottent

L'Istiqlal et l'Union socialiste des forces populaires (USFP) ont eux invité leurs militants à boycotter la marche. Un communiqué du Conseil national de la jeunesse ittihadie vient d’annoncer son refus catégorique de faire partie de cette manifestation, rapporte le quotidien Assabah dans son édition de ce week-end. Les partis de Hamid Chabat et Driss Lachgar ne participeront donc pas à cette marche.

Depuis le début du ramadan, la ville d'Al Hoceima, connaît des manifestations quotidiennes, qui ont donné lieu à des accrochages parfois musclés avec les forces de l’ordre. Plusieurs arrestations ont eu lieu ces dernières semaines dont celle du leader de la contestation du Rif, Nasser Zefzafi.

LIRE AUSSI: