Mathias Depardon : "Ma grève de la faim, c'était un coup de poker"

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MATHIAS DEPARDON
Le photojournaliste français donnait sa première interview après un mois de détention en Turquie. | France Inter
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TURQUIE - "L'idée était d'envoyer un message fort aux journalistes" en l'arrêtant. Mathias Depardon, le photojournaliste français parti en reportage pour le journal National Geographic, a été détenu un mois dans une prison turque, soupçonné "d'aide et de soutien à des groupes terroristes". Rentré en France vendredi, il s'est exprimé pour la première fois au micro de France Inter ce samedi 10 juin (voir la vidéo en tête de cet article).

S'il estime avoir été globalement bien traité, Mathias Depardon est revenu sur sa grève de la faim, entamée alors qu'il partageait sa cellule avec deux autres détenus. "Je l'ai fait pour accélérer ma remise en liberté, et en même temps je savais que ce serait un affront pour les autorités turques, c'était un peu un coup de poker". Sept autres journalistes l'ont alors accompagné dans son refus de s'alimenter.

Finalement libre, le Français a d'abord dû écrire une lettre à l'administration turque, réclamant son "expulsion" vers la France. L'aboutissement des démarches entamées par les autorités françaises et ses proches, un soutien qu'il dit avoir ressenti pendant son incarcération: "Je savais qu'on n'allait pas me lâcher, mais ce qui était compliqué, c'était de ne pas savoir combien de temps j'allais rester".

Estimant à "plus d'une centaine" le nombre de journalistes turcs enfermés en Turquie à la suite de la tentative de coup d'État contre le président Erdogan, Mathias Depardon a rappelé que depuis un an, 174 médias ont été fermés dans le pays. La Turquie, qui a voté il y a deux mois une réforme constitutionnelle attribuant des pouvoirs bien plus vastes à son président, a bien envoyé un nouveau message de fermeture.

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